La liberté dans l’authenticité

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Par Pénélope Clermont
La liberté dans l’authenticité
Photo : Royal Gilbert

Après avoir douté de sa capacité de créer à nouveau une fois son premier enfant né, Ingrid St-Pierre est devenue une artiste encore plus créative et surtout, assumée. Elle écrit, chante et joue plus que jamais pour elle-même avec l’envie «d’être libre à 100 %», confie-t-elle.

L’auteure-compositrice-interprète à la poésie imagée et aux mélodies rêveuses ressentait un besoin urgent d’être, de ne plus se cacher et de réapprendre à se connaître au moment d’entreprendre la création de son récent album, Petite plage, enregistré en pleine nature. Il en résulte un objet infiniment authentique et sans pudeur, baigné de lumière et de douceur.

«L’album n’est pas juste des chansons. C’est quelque chose de plus grand que moi, confie-t-elle. J’avais besoin d’écrire quelque chose qui me transcende. C’est un album très personnel, toutes les chansons sont comme des lettres à moi-même. Ça a été un processus égoïste, mais les choses trouvent peut-être plus écho quand elles sont sans pudeur.»

La pudeur est plus arrivée au moment de partager ses pièces sur scène, lors d’une tournée entamée au début de l’année et qui se transportera à Terrebonne, le 4 mai. «Je ne l’ai pas réalisé en faisant l’album, mais durant la promo, je me suis dit : « OK, je suis allée là! Je dois l’assumer jusqu’au bout »», rigole celle qui aborde dans ses récentes pièces certains sujets poignants, dont la dépression.

« Les gens ne savent pas à quel point ce que j’écris est personnel. »

«Les gens ne savent pas à quel point ce que j’écris est personnel», évoque-t-elle. Le lien avec la dépression qu’elle a traversée et dont on découvre les bribes dans À la mer illustre bien son propos, mais d’autres exemples, plus anecdotiques ceux-ci, témoignent de ce livre ouvert qu’est Ingrid St-Pierre à travers ses œuvres.

«Dans L’enneigée, je parle d’une chambre bleue. Ma grand-mère a toujours eu une chambre bleue pour que j’aille y dormir. Pour les gens qui me connaissent, ça bouscule. J’ai d’ailleurs demandé à mes amoureux scaphandres si je pouvais écrire sur eux», fait-elle savoir.

Ces mots secrets qu’on s’approprie

Et l’ironie de la chose : même avec toute cette poésie imagée qui se dévoile sans pudeur, l’artiste s’étonne de constater que le public se fait parfois d’autres interprétations des pièces qu’elle compose. «Je trouve ça drôle parce que je suis un peu folle avec les mots, confie-t-elle en riant. Je choisis chaque mot avec minutie. Il y a tellement de secrets cachés dans mes chansons, que je révèle parfois en spectacle ou pas.»

Ainsi, alors qu’on peut voir dans Les épousailles la représentation d’une génération qui ne veut plus se marier, mais conserve un petit fond de romantisme, la principale intéressée y va de sa propre lecture : «C’est un clin d’œil à La non-demande en mariage de Brassens», soulève-t-elle. C’est aussi un hommage à Alexandre Jardin, qu’elle dit aimer d’amour.

«Il a souvent demandé en mariage sa conjointe, qui n’a jamais voulu. En réaction à ça, il a fait faire la plus belle robe de mariage par Yves St-Laurent. Il l’a donnée à sa conjointe en lui disant qu’il avait compris qu’elle ne voulait pas le marier et en symbole de ça, il a jeté la robe au feu, raconte Ingrid St-Pierre, mi-horrifiée, mi-admirative. J’ai trouvé ça super poétique, même si c’est hyper violent! C’est magnifiquement romantique. Cette chanson est donc ma non-demande en mariage à moi.»

Un spectacle, une rencontre

Des anecdotes comme celles-ci, le public pourra en entendre plusieurs lors du passage de l’artiste à Terrebonne, le 4 mai, car si elle aime écrire des histoires, elle aime aussi en raconter. «Pour moi, le spectacle est une rencontre, et chaque rencontre n’est jamais pareille. Si le public est plus ricaneur, je vais y aller d’anecdotes plus drôles et s’il est introspectif, je vais aller peut-être plus en profondeur dans mon discours», commente celle qui sera accompagnée de trois musiciens et de multiples instruments.

«Le spectacle est très représentatif du dernier album, même si on revisite des pièces des précédents. C’est très vivant!» conclut Ingrid St-Pierre en guise d’invitation.

***

Pour assister au spectacle d’Ingrid St-Pierre au Théâtre du Vieux-Terrebonne  le samedi 4 mai à 20 h, procurez-vous des billets au www.theatreduvieuxterrebonne.com ou au 450 492-4777.

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