La Renarde, 20 ans plus tard

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Par Pénélope Clermont
La Renarde, 20 ans plus tard
Une douzine de femmes de tous les horizons accompagnent Ines Talbi sur scène pour célébrer Pauline Julien. (Photo : Éric Carrière)

La première fois qu’Ines Talbi a entendu Pauline Julien chanter, elle devait avoir 13 ou 14 ans. «J’étais chez une amie et sa mère écoutait ça beaucoup, se souvient-elle. Je trouvais sa voix particulière. Elle venait de mourir. Je suis allée lire sur elle et j’ai trouvé qu’elle avait un charisme puissant, très rare, mais représentatif du peuple de l’époque. C’était une personne à découvrir.»

Près de 20 ans plus tard, l’auteure-compositrice-interprète allait façonner un spectacle en hommage à cette grande chanteuse qui l’avait fascinée jadis, pour ne pas dire tout au long de sa vie. «Le projet s’est créé de plein de petits moments de vie», souligne-t-elle. À commencer par la découverte de sa musique, mais aussi de ses écrits, dont La renarde et le mal peigné, qui découle d’une correspondance entre Pauline Julien et Gérald Godin.

«Je me suis approprié ce livre à plein de niveaux. C’est devenu un livre de chevet», évoque celle qui a aussi été invitée à reprendre la célèbre pièce Mommy il y a quelques années. «Il y a un truc qui s’est passé dans la réception de la chanson. J’ai comme eu un appel», confie-t-elle.

Tous ces petits rendez-vous avec Pauline Julien ont mené Ines Talbi à vouloir monter un spectacle autour de son œuvre. C’était un peu moins de deux ans avant le 20e anniversaire du décès de l’artiste. En juin 2018 avait lieu la première du spectacle La Renarde, sur les traces de Pauline Julien au Théâtre Maisonneuve, à l’occasion des Francos de Montréal. Plus tôt en février 2019, un album du même titre est paru. Et le 1er mars, le spectacle qui a pris la route pour une tournée partout au Québec fera un arrêt au Théâtre du Vieux-Terrebonne.

Célébration féminine

«C’est une célébration sur Pauline, décrit l’idéatrice en parlant du spectacle. Il y a des chansons, des lettres, des extraits de pièce de théâtre et des textes que j’ai écrits aussi.»

À ses côtés sur scène, on retrouve une douzaine de femmes de tous les horizons : Erika Angell, Émilie Bibeau, Fanny Bloom, Isabelle Blais, Sophie Cadieux, France Castel, Frannie Holder, Louise Latraverse, Amélie Mandeville, Laurie Torres et Virginie Reid. «Il y a une belle diversité d’âges, de corps, d’origines… Un vrai échantillon!» se réjouit la principale intéressée qui, par le fait même, s’adresse à toutes les femmes qui ont été marquées par l’interprète décédée le 1er octobre 1998.

«Ce qui m’a le plus fascinée durant mon travail de recherche, c’est que tout le monde a une histoire avec Pauline, que ce soit durant leur enfance ou par l’entremise de leurs parents. Elle établissait un vrai contact et une proximité avec les gens, expose-t-elle. Pour toutes ces femmes-là, j’avais envie de travailler avec le matériel enrichissant de cette femme.»

De L’étranger à Mommy

Ce matériel, c’est bien sûr les grands succès de Pauline Julien, dont L’âme à la tendresse, Le plus beau voyage et L’étranger. Sans oublier Mommy, qu’Ines Talbi reprend à nouveau. Une chanson qui traite de quête d’identité, un sujet qui parle à l’interprète québécoise d’origine tunisienne.

«On ressent une grande tristesse par rapport à une perte totale d’identité, mais le fait que ce soit un enfant qui parle à sa mère apporte de la candeur et de l’espoir. C’est bien de se poser des questions et d’aller au front, mais j’espère que les gens qui y vont le font pour aller vers l’espoir», conclut la chanteuse.

***

Pour assister au spectacle La Renarde, sur les traces de Pauline Julien, présenté au Théâtre du Vieux-Terrebonne le vendredi 1er mars à 20 h, procurez-vous des billets au www.theatreduvieuxterrebonne.com ou au 450 492-4777.

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