La tête haute, Derek Aucoin se raconte

Photo de Jean-Marc Gilbert
Par Jean-Marc Gilbert
La tête haute, Derek Aucoin se raconte
Ce livre sur la vie de Derek Aucoin se veut un legs, un héritage à son fils Dawson, âgé de 7 ans. (Photo : courtoisie)

« Derek, c’est peut-être le temps de dire oui au projet de livre. » C’est ce qu’a proposé Isabelle, la conjointe de Derek Aucoin, peu de temps après le diagnostic de cancer du cerveau qu’a reçu le Terrebonnien à l’été 2019. Le 25 mars, la biographie intitulée La tête haute était lancée par visioconférence. Un livre qui se veut un legs de l’ancien lanceur des Expos à son fils Dawson, âgé de 7 ans.

Le journaliste sportif Benoît Rioux, un bon ami de l’ex-artilleur, avait déjà lancé l’idée à Derek d’écrire ses mémoires, il y a quelques années. « Je n’étais pas rendu là. Je trouvais que je n’avais pas beaucoup de choses à dire », raconte l’homme de 50 ans, dans une entrevue téléphonique accordée à La Revue.

Au contraire, il en avait beaucoup à dire! «Je crois que le livre pourrait être deux fois plus gros. J’avais des flashs au beau milieu de la nuit et j’écrivais à Benoît pour lui dire de me poser des questions sur certains sujets. Il aurait fallu qu’il soit assis au pied de mon lit avec son enregistreuse », raconte-t-il en riant.

Les deux hommes se connaissent déjà depuis quelques années et sont devenus de bons amis. La relation que Derek a développée avec l’auteur est encore plus étroite que celle entre un lanceur, comme l’était Derek, et un receveur, une position qu’a souvent occupée Benoît, lui-même maniaque de baseball. « Je lui lançais des lignes et Benoît les attrapait », illustre le Terrebonnien, en reprenant l’analogie.

Au final, le récit relate son parcours de vie : une histoire de baseball et de gratitude, comme on peut le lire sur la quatrième de couverture du livre.

Titre significatif

La biographie «La tête haute» sera disponible en librairie dès leur réouverture, mais on peut également se faire livrer une copie par la poste ou se la procurer en version numérique et audio. (Photo : courtoisie)

Le titre du bouquin a été trouvé très rapidement. La tête haute est aussi le titre d’une chanson des Cowboys Fringants. La pièce raconte l’histoire d’un jeune homme venant de recevoir un diagnostic de cancer et à qui il ne reste que deux mois à vivre.

« C’est aussi un titre qui me représente bien, car la tumeur que j’ai est dans la tête… et je mesure 6 pieds 8 pouces », ajoute l’homme qui n’a rien perdu de son sens de l’humour, une autre preuve qu’il garde la tête bien haute.

Lancement particulier

Derek et Benoît avaient des idées de grandeur pour le lancement du livre. Il devait se tenir au Stade olympique de Montréal, dans le cadre des deux matchs préparatoires entre les Blue Jays de Toronto et les Yankees de New York, les 23 et 24 mars. La pandémie de COVID-19 les a forcés de le lancer par l’entremise d’une diffusion en direct, sur Facebook.

En attendant que son livre puisse se vendre dans les librairies, lorsque celles-ci rouvriront au public, il est possible de se procurer la version papier, sur livraison, notamment via le site Internet de l’ancien joueur des Expos, au www.derekaucoin.com.

Une version numérique ainsi qu’une version audio sont disponibles.

Depuis le lancement, Derek ne reçoit que de bons commentaires du public : « C’est un livre qui est inspirant pour des gens qui ont le cancer. Il y a aussi d’autres gens qui sont aux prises avec leurs propres combats qui lisent le livre et l’aiment. »

Un combattant

Sur une note plus personnelle, Derek confie qu’il se bat continuellement, car il a plusieurs raisons de le faire. « Je me donne toutes les chances possibles et ma conjointe Isabelle cherche constamment quand se tiendra le prochain essai clinique », explique-t-il. Il suit toujours des traitements de chimiothérapie, tout en continuant de s’entraîner autant que possible sur un vélo stationnaire et un tapis roulant.

C’est grâce à tout ça qu’il a « plus de bonnes journées que de mauvaises », selon lui.

Parfois, lors de ses traitements en centre de cancérologie, il regarde par la fenêtre et se dit, encore ahuri, « c’est vraiment moi qui suis ici? »

Mais en bout de piste, il a la ferme intention de déjouer tous les pronostics. « Tu m’appelleras l’année prochaine à pareille date. Je vais encore être là », a-t-il lancé à l’auteur de ces lignes.

Partager cet article

Commentez l'article

avatar