La volonté de passer au travers

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Par Gilles Fontaine
La volonté de passer au travers
Assise, Hassiba Idir, directrice de l’organisme AMINATE, travaille quotidiennement pour faciliter l’intégration des nouveaux arrivants comme les courageuses d’AMINATE. Elle est accompagnée sur la photo de Sandra Gordillo et de Violeta Toma, alors stagiaire. (Photo : archives – Pénélope Clermont)

Pour Hassiba Idir, coordonnatrice de l’organisme AMINATE, le courage et la résilience sont les premières grandes qualités que l’on peut observer chez ces femmes qui ont dû fuir leur pays. Cependant, leur premier instinct aura été leur propre survie.

Hassiba Idir et son équipe ont pour mission d’accueillir et accompagner les nouveaux arrivants qui s’établissent à Terrebonne et à Mascouche pour favoriser une intégration sans trop de heurts.

«Ce n’est pas toujours facile de s’intégrer à une nouvelle communauté. Et c’est encore plus difficile lorsque ces nouveaux arrivants ont dû fuir leur pays. Ils n’ont pas eu de longue réflexion avant de partir et encore moins de préparation. Pour des femmes réfugiées ou en attente de statut, qui n’ont pas planifié un tel changement de vie, ça peut être un facteur de vulnérabilité, surtout si elles n’ont pas de famille ici», nous explique Hassiba Idir.

Tout reconstruire

«Tant qu’elles n’obtiennent pas le statut de réfugiée, il leur est difficile de suivre des cours ou de la formation, à part les cours de francisation. Pour ces personnes, cette étape est très importante. D’autant plus que la barrière de la langue peut ralentir le cheminement d’une personne en attente de statut de réfugiée. À part les quelques membres de leur famille, ces femmes n’ont aucun réseau et deviennent dépendantes des autres. Elles manquent de confiance en elles, elles manquent de confiance envers les autres et tout ça doit se rebâtir. Or, elles se retrouvent souvent seules.»

Les deuils

Comme nous l’avons mentionné, certaines des femmes que nous avons rencontrées doivent vivre la mort d’un proche, sans en avoir fait le deuil.

«Elles n’ont pas eu le temps de faire leur deuil. Les chocs qu’elles ont subis provoquent une réaction qui s’apparente à du stress post-traumatique. Ça vient ralentir leur intégration. Elles doivent aussi faire le deuil de leur pays et d’une vie qu’elles appréciaient beaucoup», explique Mme Idir.

«Ce n’est jamais normal de fuir comme elles l’ont fait. À un certain moment, elles disent qu’elles ont abandonné, alors qu’elles ont agi avec courage et détermination.»

Des femmes résilientes

Malgré ce changement de vie radical, elles veulent s’en sortir. «Elles ont toutes cogné à notre porte, car elles ont vraiment la volonté de faire partie à part entière de notre communauté. Et le simple fait de s’ouvrir à nous est un pas énorme vers leur intégration. Émigrer n’était pas leur plan B. Elles en étaient au plan Z. Elles montrent beaucoup de résilience et sont d’une grande débrouillardise. Mais elles savent que c’est avec le temps qu’elles réussiront à s’intégrer parfaitement», ajoute la coordonnatrice.

«Pour nous, ces femmes sont des agents de changement. Elles doivent se reconstruire malgré leur douleur. C’est certain que l’obtention du statut de réfugiée est une étape importante pour ces personnes. Leur chemin est plus clair par la suite», conclut Hassiba Idir.

Bien que leur chemin sera toujours plus sinueux que la normale, l’obtention de ce fameux statut fait passer leur intégration sur la voie rapide.

***

AMINATE a pour mission d’accueillir, d’informer et d’accompagner les personnes immigrantes nouvellement arrivées à Terrebonne et à Mascouche. L’organisme offre plusieurs services :

  • Accueil : rencontres individuelles, évaluation des besoins, plan d’intégration et suivi personnalisé.
  • Référence et accompagnement vers la francisation, l’emploi, l’éducation, la santé, le logement.
  • Adaptation et intégration : ateliers relatifs à la connaissance du milieu et activités de socialisation et de réseautage.
  • Sensibilisation du milieu : soutien aux partenaires et activités de rapprochement.

 

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