L’aéroport de Mascouche à nouveau à vendre

L’acte de mainlevée n’ayant pas été signé par le ministère des Transports du Québec (MTQ) avant la date d’échéance du 21 juin, l’acheteur du terrain de l’aéroport de Mascouche, Denis Leclerc, échaudé par toute la chicane entourant ce dossier, a finalement décidé de reprendre ses billes. La Ville ayant obtenu l’aval des deux gouvernements pour procéder, le terrain sera à nouveau mis en vente, mais par appel d’offres public cette fois-ci.

Éric Ladouceur

« J’étais tanné de toute la chicane que l’achat de ce terrain me causait. Je pense encore que c’est une bonne affaire, mais des investissements, je peux aussi en faire ailleurs. Moi, ma « business », c’est de vendre des autos, et de ce côté-là, ça va extrêmement bien. Je suis assez occupé avec mes affaires, et c’est ce que je vais continuer de faire », a expliqué M. Leclerc, propriétaire des concessionnaires Albi (Mazda, Kia et Mitsubishi) à Mascouche.

Poursuite contre le MTQ

Avant d’aller de l’avant avec la revente du terrain, la Ville de Mascouche a décidé de faire appel à la justice pour éclaircir certains points litigieux, notamment en ce qui concerne le droit de retour (mainlevée) du MTQ, qui représente le montant qu’exige le Ministère sur les fruits de la vente.

Alors que le MTQ et Mascouche s’étaient entendus sur un montant 230 000 $ qui devait retourner au Ministère, il semble que ce dernier exige maintenant la totalité de la somme de la vente, soit 1,8 M$. « C’est complètement aberrant, et nous sommes très confiants de gagner notre point devant les tribunaux. Le MTQ n’a jamais mis un sou dans l’aéroport alors que nous, nous y avons investi 1,7 M$. C’est donc normal que les fruits de la vente reviennent à la Ville de Mascouche. La position du MTQ nous cause préjudice et nous allons clarifier la situation devant la Cour », a déclaré le maire Richard Marcotte lors de la séance du conseil municipal du 4 juillet.

Un trou de 1,3 M$

Les 1,8 M$ de dollars provenant de la vente du terrain notariée en juin 2004 ayant été inscrits dans les états financiers de la Ville de 2003, Mascouche se retrouve donc avec un manque à gagner de 1,8 M$ auquel il faut soustraire le montant que la Ville prévoyait retourner au MTQ (mainlevée), soit environ 500 000 $ (montant mis de côté pour faire face aux aléas de l’interprétation de la mainlevée). Le trou budgétaire est donc de 1,3 M$.

Est-ce que cela aura des conséquences sur les finances de la Ville? « Non », a répondu le directeur des finances de la Ville, Michel Gobeil. « Ce trou de 1,3 M$ sera comblé par d’autres revenus de ventes de terrains que nous avons faites. De plus, aussitôt que le droit de retour (mainlevée) du MTQ sera clarifié par la justice, nous allons remettre le terrain à vendre, ce qui générera de nouveaux revenus pour la Ville », a expliqué M. Gobeil.

Chose sûre, à moins que les offres d’achat soient insuffisantes, le maire Marcotte a fermement réitéré la volonté du conseil municipal d’aller de l’avant avec la privatisation de l’aéroport. « Ce n’est pas à la Ville de gérer et d’entretenir l’aéroport. Il y a des promoteurs qui peuvent le faire beaucoup mieux que nous, et nous les inviterons à le faire aussitôt que nous aurons obtenu l’avis des procureurs sur la question de la mainlevée du MTQ. Il n’est plus question ici de débattre du dossier au niveau politique. Le débat se situe maintenant au niveau administratif et juridique », a conclu le maire.

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