L’aéroport de Mascouche cesse ses activités après 39 ans d’existence

L’aéroport de Mascouche cesse ses activités après 39 ans d’existence
Le 15 novembre 2016 à 23 h 59 a eu lieu la fermeture officielle de l’aéroport de Mascouche après 39 ans d’activité. Cette photo a été prise le 13 juillet 1977. (Photo: Archives La Revue)

Que l’on soit en faveur ou non d’un aéroport à Mascouche, le 15 novembre à 23 h 59, il s’est tourné une page importante dans la région par la fermeture du site après 39 ans d’activité.

L’aéroport a vu le jour le 26 mai 1977. Sa vocation : formation, location d’avions, vol de plaisance et entretien d’aéronefs.

Expropriation pour la 640

Pour la construction de l’autoroute 640, le gouvernement du Québec a procédé à de nombreuses expropriations. Une fois les travaux terminés, le ministère du Transport du Québec a cédé à la Ville de Mascouche 2,4 millions de pieds carrés, pour la symbolique somme de 1 $. C’est alors que le maire de l’époque, Gilles Forest, se laisse convaincre d’y implanter un aéroport. Pour la réalisation des orientations que la Municipalité s’était données, une corporation est formée, mais elle sera dissoute quelque temps après.

Guy Reinhart sera le premier à construire un bâtiment sur le site pour y opérer une école de pilotage. Très impliqué, M. Reinhart organise même un concours pour promouvoir les activités du nouvel aéroport par le tirage d’un avion. Les billets se vendaient 100 $. En 1979, l’expert en photos aériennes, feu Jean-Marie Cossette, accepte l’invitation de s’installer à son tour à l’aéroport de Mascouche. Son entreprise, Point du jour aviation, sera donc la deuxième entreprise à prendre pied sur le site. À noter que Point du jour aviation est devenue la première école de pilotage d’hélicoptère de la Rive-Nord.

Gestion par la Ville

Étant donc propriétaire des terrains, la Ville est demeurée responsable de la gestion de l’aéroport jusqu’au début des années 2000. En effet, après un déficit d’opération de 40 000 $, la Ville de Mascouche délègue la gestion des opérations de l’aéroport à la Corporation de l’aéroport de Mascouche en juin 2002. La Corporation se charge alors de l’établissement de la tarification aux utilisateurs, l’entretien et l’amélioration du site et l’adoption de décisions relatives au bon fonctionnement, fonctions qu’elle a exercées jusqu’à la fin.

L’aéroport aura regroupé jusqu’à 30 bâtiments, dont 15 liés à des PME, cinq écoles de formation et trois ateliers de maintenance mécanique. Plus de 140 avions y étaient basées en permanence. L’aéroport a été, à un certain moment, le deuxième aéroport le plus achalandé de sa catégorie au Canada. Plusieurs disaient que l’aéroport de Mascouche était la pierre angulaire du développement économique de la municipalité.

Le Centroparc

L’aéroport de Mascouche voit sa destinée scellée en juin 2014, lorsque la Ville fait part de son intention de vendre par appel de propositions les terrains du site actuel pour y aménager un pôle multifonctionnel, appelé plus tard Centroparc.

Une entente de cessation est signée entre la Ville et la Corporation de l’aéroport de Mascouche qui prévoit la fermeture définitive en mi-novembre 2016. Bien qu’il y ait eu quelques propositions de relocalisation, dont sur des terres agricoles, aucun projet n’a été retenu.

Au printemps 2016, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, rend public un arrêté ministériel relativement aux intentions de la Corporation de délocaliser l’aéroport sur des terrains situés à Terrebonne et Mascouche, tout près de l’entreprise Saramac. Cet arrêté ministériel énumère les conditions à respecter pour l’obtention de l’autorisation. Le 8 novembre, le ministre Garneau donne à la Corporation, par l’entremise de Transports Canada, l’autorisation tant attendue.

 

Texte: Gilles Fontaine

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