Le CJE des Moulins : une aide précieuse au raccrochage

Dans sa série d’articles sur le décrochage scolaire, La Revue vous présente cette semaine une entrevue avec Diane Hamelin, directrice du Carrefour jeunesse-emploi (CJE) des Moulins à Terrebonne, un organisme qui aide chaque année plus de 1 000 jeunes à se bâtir un avenir.

Éric Ladouceur

En fait, ce sont 1 000 jeunes qui ont des besoins, des aptitudes et des intérêts qui sont propres à chacun. Mille jeunes qui, pour la plupart, ont abandonné l’école trop tôt pour pouvoir un jour atteindre leurs aspirations. Mille jeunes qui décident un jour d’aller chercher de l’aide pour s’en sortir.

Motivation et valorisation

«Pour la majorité des jeunes qui viennent nous voir, nous sommes la dernière bouée de sauvetage. Plus de 60 % ne possèdent aucun diplôme, et plusieurs nous sont référés par des écoles ou des parents, qui ont souvent tout essayé pour les faire raccrocher. C’est d’ailleurs pourquoi nous n’utilisons pas les mêmes méthodes que les écoles», explique la directrice.

Concrètement, pour les intervenants du CJE des Moulins, cela implique moins de pédagogie, mais beaucoup plus de travail quant à la motivation et à la valorisation du jeune. «Nous avons un volet emploi et un volet orientation, qui visent principalement les décrocheurs n’ayant pas accès aux services des écoles. Pour le volet emploi, on aide surtout les personnes à s’organiser, à se préparer aux entrevues, à bâtir une liste d’employeurs, à faire leur CV, etc. Quand on sait que 80 % des postes disponibles sont cachés, c’est important de bien se préparer. Avec le volet orientation, on cherche avant tout à aider le jeune à se connaître et à découvrir ses aptitudes, et ce, toujours en visant en bout de ligne qu’il complète une formation qualifiante pour un emploi», indique Diane Hamelin.

L’année dernière, le CJE des Moulins a obtenu un taux de réussite de 89 % au niveau de l’employabilité avec 341 personnes qui ont réussi leurs démarches. Pour le volet orientation, le taux de réussite est de 91 % avec 368 personne qui ont vu leurs démarches aboutir au succès. Toujours en chiffres, près de 800 jeunes ont fréquenté le centre de documentation du CJE des Moulins, et 254 participants ont assisté à 31 séances de stages d’exploration de divers métiers et professions.

Manquer le bateau

Convaincue qu’il faut être fait fort pour être un adolescent aujourd’hui, Mme Hamelin croit aussi que les jeunes n’ayant pas de diplôme risquent de passer à côté d’une période très faste pour le marché du travail. Citant une étude du gouvernement, la directrice souligne que «des centaines de milliers d’emplois seront disponibles sur le marché du travail d’ici les prochaines années. Dans ce sens, notre rôle est d’aider les jeunes à se projeter dans l’avenir pour leur faire saisir toute l’importance de décrocher un emploi payant et valorisant. De plus, c’est important de comprendre que plus on attend pour retourner aux études, et plus c’est difficile d’y retourner avec les obligations et les responsabilités qui s’accumulent.»

Comité PAS

En plus des parents, Diane Hamelin a décidé d’impliquer les employeurs dans le combat que la région mène contre le décrochage, et ce, en participant au Comité PAS (Prévention de l’abandon scolaire). Ce comité travaille à sensibiliser les employeurs aux conséquences du travail des jeunes dans leur processus scolaire.

«Nous avons un programme spécialement destiné aux employeurs : « Quand j’embauche, je m’engage ». Jusqu’à maintenant, une centaine d’employeurs se sont engagés à ne pas faire travailler les étudiants trop d’heures, à encourager la réussite scolaire par différentes initiatives et à ne pas donner de travail durant les heures d’école. Même certains professionnels se sont engagés à ne pas donner de rendez-vous sur les heures d’école», mentionne Diane Hamelin.

Que ce soit pour le CJE des Moulins ou pour le Comité PAS, il est impossible de décrire ici toutes les actions que ces deux organismes font pour lutter contre le décrochage. Pour en savoir plus sur cet organisme, vous pouvez téléphoner au (450) 492-0088 ou vous rendre au 640, rue Langlois à Terrebonne. Un premier pas vers un avenir meilleur.

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