« BROUE » : Le classique est relancé

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Par Pénélope Clermont
« BROUE » : Le classique est relancé
Les nouveaux administrateurs de Broue ont invité le trio original à venir les rejoindre sur scène durant le salut. (Photo : Simon Laroche)

Installée au Théâtre du Vieux-Terrebonne pour tout l’été, la taverne Chez Willy a la cote auprès du public. Il faut dire qu’on y voit évoluer les désormais célèbres personnages de Broue, aujourd’hui incarnés par Benoît Brière, Martin Drainville et Luc Guérin. Le 9 juillet, c’était soir de grande première pour cette production qui entreprend un nouveau départ, 40 ans plus tard.

Les interprètes originaux Michel Côté, Marcel Gauthier et Marc Messier étaient dans la salle pour la représentation à laquelle tous s’étaient donné rendez-vous. Ils ont d’ailleurs reçu un accueil plus que chaleureux lorsque Martin Drainville les a présentés à la foule peu avant le lever de rideau. Fidèle à la tradition, il venait de demander au public qui avait vu Broue par le passé. Lorsqu’il a ensuite demandé qui l’avait déjà jouée, le trio a levé la main. Ils se sont alors vu offrir une ovation debout.

Témoignant d’un trac certain, Drainville a lancé : «On n’est pas sur les nerfs du tout, Benoît, Luc et moi… Si on a été malades toute la journée, ça n’a rien à voir!» Or, la nouvelle mouture a prouvé avoir ce qu’il fallait pour reprendre le spectacle là où il avait été laissé.

Même contexte, nouveau rythme

On se trouve toujours en 1979, dans la taverne Chez Willy, avec les mêmes colorés personnages créés par Claude Meunier, Jean-Pierre Plante, Francine Ruel, Louis Saia, Michel Côté, Marcel Gauthier et Marc Messier. Si l’essentiel du contenu est resté le même, l’ordre des saynètes a quant à lui été revu.

Comme on pouvait s’en douter, la nouvelle administration de Broue apporte un côté plus burlesque et un rythme nouveau au spectacle quarantenaire. D’entrée de jeu, on sent que Benoît Brière se fait plaisir avec un Verrue aux pas chancelants causés par une alcoolémie très avancée. Un type de jeu qu’il maîtrise à merveille.

Vient ensuite Pointu, le pompier joué par Martin Drainville. Sans doute l’un des personnages les plus forts du spectacle. Drainville se démarque particulièrement. Les deux gars de la construction (Drainville et Brière) qui tentent d’avoir une conversation en «england» avec un anglophone (Luc Guérin) donnent lieu à une autre scène très rigolote. On est bien sûr rendu ailleurs en 2019, mais le numéro a tiré de nombreux rires chez les spectateurs.

À cet effet, la nostalgie d’un Québec d’autrefois fait visiblement la force de ce spectacle que les gens s’amusent à voir, à revoir et à revoir encore depuis 40 ans. Le portrait générationnel est efficace.

Un engouement évident

Composé de plusieurs amis et invités de la colonie artistique, le public a semblé passer un bon moment au cours de cette soirée de première. Les gens avaient envie d’avoir du plaisir et cela se voyait. Déjà sur le tapis rouge avant l’entrée en salle, la bonne humeur était contagieuse.

Les trois comédiens des productions Ménage à trois en étaient à une 22e représentation ce soir-là. Jamais ils n’arriveront à atteindre les 3 322 représentations du trio original, mais souhaitons-leur bonne route. Avec des arrêts prévus à Québec, à Montréal et à Gatineau, sans oublier des supplémentaires à Terrebonne en 2020, elle promet d’être agréable.

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