Le loup rôde toujours

Par Gilles Bordonado
Le loup rôde toujours
Gilles Bordonado, éditeur de La Revue.

Cette chronique ne vous plaira pas et ce qu’elle dit ne me plait pas plus… La décision de la Santé publique du Québec de retarder l’ouverture d’une série de nouvelles entreprises dans la Communauté métropolitaine de Montréal est justifiée. Les chiffres le démontrent bien : la pandémie n’est pas contrôlée à Montréal et à Laval. Et c’est plate à écrire, mais c’est pas plus brillant dans Lanaudière, qui montre 494 cas aux 100 000 habitants, le 3e pire bilan au Québec sur les 18 régions sanitaires que compte la province.

Le 5 mai, trois des six MRC de Lanaudière font état de chiffres peu enviables. La MRC Joliette est en tête de liste avec 701 cas aux 100 000 habitants, ce qui se rapproche des chiffres de Montréal (823 cas) et de Laval (814 cas). Il y a là des données particulièrement préoccupantes.

La MRC de L’Assomption suit avec 545 cas aux 100 000 habitants, talonnée de près par la MRC Les Moulins à 521 cas. À travers le Québec, le nombre de cas est bien inférieur aux données lanaudoises.

Collectivement, on ne fait pas mieux qu’ailleurs. Au contraire. On fait bien moins qu’ailleurs. Dans les Laurentides, le taux est de 242 aux 100 000 habitants et en Montérégie, de 280. Dans ce dernier cas, c’est 43 % de moins que dans notre belle région verte.

J’en entends me dire « oui, mais il n’y a presque pas de morts dans Lanaudière ». Effectivement, vous avez raison. On n’en compte que 103 à ce jour et la plupart étaient, on compatit avec leur famille, des gens âgés, souvent bien malades. Il n’y a aussi que peu d’hospitalisations (62) et de personnes aux soins intensifs (13). Et je note qu’il y a bel et bien 1 263 personnes rétablies.

Le problème, c’est que si on déconfine la région, ce nombre va monter en flèche parce qu’on n’en fait visiblement pas assez. La science et les chiffres ne mentent pas, d’autant plus que toutes les régions du Québec sont évaluées de la même façon. J’aimerais vous dire que votre voisin et vous n’avez rien à voir avec ça, mais ce n’est pas vrai. Ces chiffres ne s’expliquent pas par des centaines de cas dans nos CHSLD. Le problème, c’est nous, c’est vous. On porte le bonnet d’âne parce qu’on le mérite.

En marchant dans mon quartier, oui, je vois des gens prudents. Ce week-end, je suis passé devant l’Île-des-Moulins, oui, j’ai vu la très grande majorité des gens respecter la distanciation sociale. Mais il y en avait cependant d’autres, peut-être vous, qui sont passés à autre chose. Pour vous ou pour eux, les quelques autorisations de déconfinement ont été synonymes de retour à la normale.

Erreur! Ce n’est pas encore le cas.

Si la bibitte vous frappe et que vous avez 40 ans et moins, vos risques d’en mourir sont très, très faibles. Mais ce ne sera peut-être pas le cas de votre mère, de votre père ou de votre voisin qui a l’âge d’être votre grand-père.

Soyez prudent pour vous, mais aussi pour les autres…

On n’est pas encore sorti du bois et le loup rôde toujours.

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