Le manoir sera mis en vente par l’UQAM

MASCOUCHE N’AURA PAS SON CAMPUS UNIVERSITAIRE

L’Université du Québec à Montréal (UQAM) est forcée de mettre en vente cinq des six propriétés qu’elle a acquises au cours des cinq dernières années, et le manoir de Mascouche est du lot.

Gilles Bordonado

Le mardi 17 avril, le conseil d’administration de l’UQAM a adopté une résolution portant sur la “mise en vente de bâtiments excédentaires et la disposition d’actifs immobiliers”.

La Revue, dans son édition du 6 décembre dernier, avait d’ailleurs évoqué la possibilité que l’UQAM vende le manoir. Cette résolution, dont La Revue a obtenu copie, confirme que les coûts d’exploitation, de restauration ou d’aménagement de ces immeubles pour fins d’enseignement sont devenus prohibitifs.

Selon les informations publiées par “Le Devoir”, le domaine seigneurial de Mascouche nécessiterait 850 000 $ en rénovations. Encore une fois, La Revue en avait donné un sérieux aperçu à l’occasion d’un article en page couverture en novembre.

Pour réaliser sa future mission, le réaménagement du manoir aurait pu coûter à l’UQAM jusqu’à 5 M$ rappellent des articles passés de La Revue.

Pas d’université à Mascouche

Le manoir avait été acheté par l’UQAM en avril 2004 au coût de 1 625 000 $. La valeur municipale du domaine était alors évaluée à 2,9 M$.

Le domaine seigneurial de Mascouche devait accueillir des programmes d’enseignement, de recherche et de création et, vu le caractère patrimonial du lieu, certaines activités de prestige.

L’UQAM croyait pouvoir y créer un centre international d’excellence, notamment à cause de la forêt sur le site. Mais voilà, selon “Le Devoir”, l’UQAM s’est rendu compte après coup que la forêt ne présente pas le potentiel espéré.

Le centre devait être aussi utilisé pour des cours ou des stages en période estivale et pour la tenue d'”universités d’été”.

La Ville de Mascouche, qui espérait beaucoup de cette implantation universitaire sur son territoire, avait joué un rôle crucial dans la transaction mettant en relation le propriétaire des lieux alors, la Société immobilière Pierre-Le Gardeur, et l’UQAM.

Actuellement, le quartier général de la Sûreté du Québec – District de Montréal, Laval, Laurentides, Lanaudière occupe les lieux. Installée sur place depuis l’automne 2002, la SQ devrait y être jusqu’en 2009, soit jusqu’à son déménagement, prévu dans un bâtiment tout neuf dans le parc d’affaires de Mascouche, à l’intersection des autoroutes 25 et 640. Selon “Le Devoir”, les revenus de location s’établissent à 120 000 $ par année. Des réparations, pour pallier le plus urgent, ont toutefois été faites à un coût évalué entre 15 000 et 25 000 $, affirme le quotidien.

Renflouer les coffres

À part le manoir de Mascouche et un édifice sur la rue Sanguinet, où loge un CLSC, quatre autres bâtiments seront remis en vente par l’UQAM : la Bibliothèque nationale Saint-Sulpice, l’édifice de La Patrie et deux immeubles de la rue Sainte-Catherine. L’UQAM attend le rapport de la section immobilière de la firme comptable Raymond Chabot Grant Thornton pour en établir le prix de vente.

La situation financière fragile de l’UQAM explique ces mesures, comme le fait que ces espaces ne permettent pas de combler les besoins d’espace de l’UQAM.

Ces mesures font suite à des dépenses immobilières exceptionnelles et contestées réalisées sous l’administration du recteur Roch Denis, qui a été forcé de remettre sa démission. Dans ce contexte, le Service des immeubles et de l’équipement, le Bureau des transactions immobilières et le Vice-rectorat aux affaires administratives et financières ont recommandé la vente selon la résolution adoptée par le conseil d’administration. Le coût d’achat de ces propriétés totalise 6,7 M$.

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