Le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés

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Par Pénélope Clermont
Le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés
Si la distanciation de deux mètres est respectée, selon François Legault, celle de restreindre à 10 le nombre de personnes dans les rassemblements privés l’est moins. Il espère que le port du masque dans les endroits publics fermés sera observé.

Avec la venue des vacances de la construction, les déplacements seront plus nombreux dans la province. Le coronavirus ne prenant pas de vacances, le gouvernement du Québec vient d’annoncer une nouvelle mesure pour atténuer la hausse des cas confirmés observée la semaine dernière : le port du masque obligatoire à l’intérieur des lieux publics.

Cette mesure, qui prendra effet le samedi 18 juillet, fait suite à une autre annonce, celle-là faite le 9 juillet, obligeant les bars à cesser la vente d’alcool à minuit. Les clients doivent de plus quitter les lieux, qui ne peuvent accueillir que 50 % de la capacité indiquée sur leur permis, à 1 h. La danse est interdite et les clients doivent demeurer assis pour consommer de l’alcool.

Pour revenir au port du masque obligatoire, il s’applique à tous les lieux publics fermés, soit les commerces, incluant les restaurants. Concernant ces derniers, le premier ministre François Legault a spécifié que le masque est nécessaire lorsqu’on circule à l’intérieur des restaurants. Au moment de manger et d’être à table, on peut le retirer.

Dans un premier temps, les autorités se fieront aux propriétaires des entreprises afin de s’assurer que les clients porteront un couvre-visage. Des amendes de 400 $ à 6 000 $ pourraient suivre un peu plus tard pour les récalcitrants.

« Le 1er août, le ministre de la Santé regardera pour imposer aussi des amendes aux individus parce qu’on ne peut pas mettre la responsabilité seulement sur les propriétaires des commerces », a spécifié M. Legault dans un point de presse, le 13 juillet.

Celui-ci affirme compter sur la collaboration de tous : « Porter un masque est mieux que le confinement. C’est primordial pour ne pas qu’on revienne en arrière », a-t-il insisté en rappelant que le masque est synonyme de liberté, contrairement au confinement. « On n’est pas non plus peureux quand on porte un masque, on est respectueux. On s’assure de ne pas transmettre le virus aux autres personnes. C’est un virus facile à transmettre, on le sait, alors il faut être plus intelligent que lui », a-t-il ajouté.

Les maires d’accord

La semaine dernière, le maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, avait été le premier à demander au gouvernement d’intervenir pour le port obligatoire des couvre-visages dans tous les lieux publics fermés de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), dont Terrebonne et Mascouche. Cette sortie faisait suite à l’annonce de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui imposait la mesure sur son territoire.

« Je remarque que Mascouche tient pour acquis que la COVID-19 est terminée et ce n’est pas le cas. Je ne suis pas parfait et je ne peux pas faire la morale à qui que ce soit, mais maintenant qu’on voit [comment Montréal impose la mesure], ça fait plein de sens », avait-il évoqué en confirmant qu’il allait porter le masque à l’intérieur des commerces, et ce, pour aider les plus vulnérables.

« Le monde du système de santé est épuisé et on sait qu’il y aura une deuxième vague. Il faut juste essayer de la contrôler, avait rappelé l’élu municipal. Je sais que faire cet effort est tannant, ou révoltant même, mais il faut penser à nos aînés. Ce sont eux qu’on met en péril. Porter mon masque à l’épicerie ne me met pas non plus de bonne humeur, mais c’est pour eux qu’on doit le faire. »

Le maire de Terrebonne, Marc-André Plante, abondait dans le même sens : « Notre responsabilité comme élus est d’assurer la protection des plus vulnérables de la société. Il m’apparaît donc normal qu’on puisse bien encadrer le port du masque à l’intérieur des lieux publics. »

Règlement tardif

Aux dires de Luc Thériault, député fédéral de Montcalm et vice-président du Comité permanent de la santé, la mesure aurait dû être implantée il y a plus d’un mois déjà, « dès qu’on a déconfiné le transport en commun et qu’on a commencé à rouvrir Montréal », avait-il précisé lors d’un entretien la semaine dernière en mentionnant l’importance d’élargir la mesure à la CMM.

« Si les hôpitaux de Montréal débordent, ça va se rendre jusque dans la CMM, et si les hôpitaux de la CMM débordent, jusqu’en région. […] On n’est pas sortis du bois et il faut continuer d’être prudents. On ne peut pas rester confinés tout le temps, mais il faut prendre ses responsabilités individuelles pour ne pas contaminer les autres », avait conclu le politicien.

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