LE TRAIT D’UNION MAG : 10 questions à Denis Jean, agent à la prévention à la police de Terrebonne

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Par Jean-Marc Gilbert
LE TRAIT D’UNION MAG : 10 questions à Denis Jean, agent à la prévention à la police de Terrebonne
Denis Jean est policier à Terrebonne depuis octobre 1989. Il a passé les neuf dernières années aux bureaux de prévention. (Photo : Jean-Marc Gilbert)

Vous êtes policier depuis 1985. Comment votre métier a-t-il évolué en 34 ans?

Plusieurs choses ont changé! La loi sur l’alcool au volant, l’accent mis sur le port de la ceinture de sécurité. Plus récemment, il y a eu l’arrêt Jordan et la légalisation du cannabis. Pour ce qui est de Terrebonne, j’étais le 42e policier à mon arrivée; aujourd’hui, nous sommes presque 230!

Vous convoitiez depuis longtemps le poste d’agent de prévention que vous occupez depuis neuf ans. Qu’est-ce qui vous attirait tant?

J’ai suivi un cours avec un professeur du Service de police de Laval, un précurseur en prévention. On apprenait comment être réactif et comment sensibiliser pour éviter tel ou tel type de crime grâce à l’information que les corps policiers reçoivent sur la criminalité. Ça permet aussi de toucher un peu à tout.

À quoi ressemble la journée typique d’un agent de prévention?

J’ai pu démarrer plusieurs projets en allant voir des organismes communautaires pour participer à différentes activités. Ensuite, il faut maintenir le contact. À partir de mai, on prépare le calendrier pour les visites d’écoles dès la rentrée.

La prévention, est-ce que ça fonctionne vraiment?

C’est comme une petite annonce. Si tu la mets une fois, ça ne veut pas dire qu’elle va être vue. Il faut que ce soit répétitif pour que le message se propage. Et si des gens sont réfractaires, il y aura des conséquences à leurs gestes.

La légalisation du cannabis vous force-t-elle à changer votre approche?

C’est encore illégal pour les jeunes. Et ce n’est pas bon pour la santé. Ça affecte le cerveau. La drogue représente un plus grand danger que l’alcool pour ce qui est de la dépendance. Pour ma part, le message n’a pas vraiment changé.

Vous avez déjà dit en entrevue que vos années passées comme agent de prévention sont celles dont vous êtes le plus fier. Pourquoi?

J’ai eu l’opportunité d’apporter mes nouvelles idées et il y avait toujours une ouverture. Parfois, j’allais voir les partenaires et ensuite mon patron pour dire que tous étaient d’accord. C’est plus facile de dire oui quand tout le monde est positif.

Vous êtes deux agents de prévention pour une population de 140 000 (avec Sainte-Anne-des-Plaines et Bois-des-Filion). Est-ce suffisant?

Depuis 2010, trois agents multifonctions viennent aider à la prévention et font d’autres tâches. Aussi, les deux agents de prévention ne font que de la prévention. On ne porte pas de double chapeau en faisant aussi des arrestations.

Y a-t-il un message que vous avez essayé de transmettre de différentes façons au fil des ans, mais qui n’a toujours pas passé?

Texter au volant est devenu plus dommageable que l’alcool. Et ça ne touche pas juste les jeunes. Nous devons sensibiliser, mais aussi faire de la répression.

Vous prendrez votre retraite en 2019. Avez-vous un message pour votre successeur à la prévention?

Assurer la continuité des projets qui sont déjà bien ancrés, même si c’est sous une autre forme, et aussi créer de nouveaux projets en allant chercher des partenaires. Il faut continuer à être proactifs et présents, près des citoyens.

Avez-vous quelques projets de retraite?

J’aimerais redonner des cours de moto. C’est certain que je vais continuer à m’impliquer dans la communauté, peut-être à des conseils d’administration, comme au baseball. Je vais aussi avoir plus de temps pour ma famille.

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