LE TRAIT D’UNION MAG : Notre gestion des matières post-consommation

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Par Gilles Fontaine
LE TRAIT D’UNION MAG : Notre gestion des matières post-consommation
En moyenne chaque année, Tricentris reçoit 80 000 tonnes de matières recyclables qui sont triées par la centaine d’employés de l’usine de Terrebonne.

DOSSIER DE LA SEMAINE

Nous y pensons plusieurs fois par semaine. Et nous en parlons davantage, bien souvent sans que nous le voulions. Nos résidus post-consommation prennent de plus en plus de place dans nos vies et leur gestion est, pour la société, une plus grande source de préoccupations.

Sur le territoire de la MRC Les Moulins se trouvent deux joueurs majeurs responsables de la gestion des matières résiduelles contenues dans nos trois bacs : l’entreprise Complexe Enviro Connexions (Enviro) et le centre de tri Tricentris, tous deux sur le chemin des Quarante-Arpents.

Avec ses 55 camions alimentés au gaz naturel, Enviro s’occupe de la collecte des trois bacs à Terrebonne et à Mascouche. L’entreprise gère également les résidus contenus dans les bacs noirs et bruns. C’est au centre Tricentris que les bacs bleus sont triés.

Enviro se charge en outre de la collecte mensuelle et de la gestion des encombrants (gros morceaux), et offre un service de déchetterie accessible aux Moulinois. En d’autres termes, presque toute notre matière résiduelle se retrouve à l’un ou l’autre de ces deux endroits pour être réutilisée, revalorisée, enfouie, transformée en gaz ou en compost.

Recyclage

En moyenne chaque année, Tricentris reçoit 80 000 tonnes de matières recyclables qui sont triées par la centaine d’employés de l’usine de Terrebonne. Plus de 85 % de ces matières sont recyclées et revalorisées (voir tableau 1 à la page 6).

«Généralement, ce qui n’est pas valorisé, ce sont les matières résiduelles qui ne devraient pas se retrouver dans le bac bleu, soutient Michel Gélinas, directeur de l’usine. Principalement, ce qu’on envoie à l’enfouissement, ce sont les déchets. Par exemple, les sacs de plastique opaques qui ressemblent à un sac à ordures ne sont pas ouverts et sont automatiquement retirés du recyclage. Nous ne prenons pas le risque de contaminer la bonne matière recyclable. Et pour nos employés, ce n’est pas agréable.»

Ce sont ainsi 12 000 tonnes qui sont envoyées à l’enfouissement ou vers une autre destination : une entreprise de valorisation du bois, une entreprise de propane, RECYC-QUÉBEC (pneus).

Transformation et enfouissement

Quant à Enviro, qui a une capacité d’enfouissement annuel de 1,27 million de tonnes, on compte plutôt sur la transformation des matières. «L’enfouissement nous permet de produire du gaz naturel et du compost avec une partie du bac brun», indique André Chulak, coordonnateur aux communications pour le Complexe Enviro Connexions.

«Ce gaz que nous captons contient 58 % de méthane. Après traitement et nettoyage, nous produisons jusqu’à 5 600 pieds cubes de gaz à la minute.»

La quantité de gaz produite par Enviro pourrait alimenter en énergie jusqu’à 20 000 foyers. Il est injecté directement dans le réseau du gazoduc TQM.

À la déchetterie, plus de 7 000 tonnes de matières sont déchargées par les citoyens dans une année et plus de la moitié est réutilisée ou recyclée.

Cependant, tout n’est pas qu’une question de recyclage ou de réutilisation. Encore faut-il trouver le bon marché ou investir des millions de dollars pour rendre plus efficaces les centres de tri.

La consommation domestique

«Tant que nous consommerons autant, nous n’aurons d’autres choix que d’investir toujours plus d’argent ou de taxer davantage pour gérer adéquatement nos matières résiduelles et trouver les moyens de capter plus de produits dans le recyclage. De notre côté, chez Tricentris, nos investissements servent principalement à être plus performants. Toutefois, la solution ne se trouve pas uniquement dans des opérations de recyclage, mais aussi dans la mise en marché des produits de consommation et, surtout, nous devrons revoir notre relation avec le suremballage», conclut Michel Gélinas.

« Tant que nous consommerons autant, nous n’aurons d’autres choix que d’investir toujours plus d’argent ou de taxer davantage pour gérer adéquatement nos matières résiduelles. »

Plusieurs projets sont en marche à Mascouche et à Terrebonne. «Après avoir interdit l’utilisation des sacs de plastique à usage unique à Mascouche, annonce Pascal Dubé, directeur de l’environnement à la Ville, nous lancerons une invitation aux commerçants de l’alimentation afin qu’ils participent à une grande discussion pour réduire l’utilisation du polystyrène.»

Si le but ultime est l’élimination de l’enfouissement, la gestion complète de nos matières résiduelles sera l’un de nos plus importants défis des prochaines années.

 

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