LE TRAIT D’UNION MAG : « On ne vit que pour les autres »

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Par Gilles Fontaine
LE TRAIT D’UNION MAG : « On ne vit que pour les autres »
Vivre pour et à travers les autres, c’est l’un des chemins que peuvent emprunter les dépendants affectifs, comme ça a été le cas avec Michel.

DOSSIER

La dépendance affective peut prendre plusieurs formes. Comme nous l’avons mentionné dans le texte «À votre écoute, pour votre rétablissement», la souffrance interne est le dénominateur commun chez les personnes dépendantes affectives.

Nous avons rencontré Paul et Michel. Deux hommes, un dans la cinquantaine, l’autre dans la soixantaine, membres des Dépendants Affectifs Anonymes depuis plusieurs années. Les noms sont fictifs, car nous avons voulu respecter leur désir d’anonymat.

Les autres avant tout

«Avant d’être en dépendance affective, il y a une carence, une souffrance.»

«Avant d’être en dépendance affective, il y a une carence, une souffrance, témoigne Michel. Nos comportements sont influencés par cette souffrance. Dans mon cas, j’agissais uniquement pour plaire aux autres en oubliant mes propres besoins. Je vivais carrément à travers les autres et j’avais beaucoup de difficulté à communiquer.»

Et puisque les besoins ne sont pas comblés, la frustration, la peur ou la colère peuvent s’intensifier et compromettre les relations interpersonnelles.

«Un comportement très commun, comme se faire dire combien on serait gentil si on faisait telle ou telle chose pour les autres, peut développer chez certaines personnes le sentiment que c’est uniquement en faisant plaisir aux autres qu’elles s’accomplissent. On oublie vite nos propres besoins et nos propres désirs. Notre « réussite » passe par les autres», révèle Michel.

Relations amoureuses décevantes

Pour ce dernier, la souffrance s’est notamment révélée chaque fois que ses relations amoureuses se terminaient. «J’en avais pour plusieurs mois à m’accuser de tous les torts», dit-il.

«Après, on fuit, de confier l’homme. De toutes les façons que l’on peut et on dit oui à tout ce qui peut nous nuire. Certains vont dire oui à la drogue, d’autres à l’alcool, aux jeux ou à la pornographie. Évidemment, on réalise vite que rien de tout ça n’améliore notre situation, alors on s’enfonce encore davantage. Toutes nos valeurs ne sont plus aux bons endroits.»

Se sentir rejeté

«Ce sont mes comportements qui ont entraîné ma souffrance, avoue Paul. Jeune, je ne me sentais pas accepté. J’avais plus l’impression d’être rejeté. Je n’avais pas confiance en moi, alors je ne vivais que pour les autres. Et venant d’une famille dysfonctionnelle, j’ai recréé ce que je connaissais. J’ai toujours demandé aux autres ce qu’ils voulaient faire et où ils voulaient aller. Les choix des autres étaient toujours mieux que les miens. En fait, les miens n’existaient pas. Tu touches le fond du baril quand tu n’as plus d’estime de toi-même. Il est difficile d’avoir des relations interpersonnelles lorsque ton estime a sacré le camp.»

Tous deux ont trouvé du réconfort aux Dépendants Affectifs Anonymes. Ils ont surtout trouvé un endroit où ils pouvaient se rétablir au contact de personnes passant par les mêmes chemins troubles.

Michel et Paul se sont sentis écoutés. Aujourd’hui, ils mettent leur expérience au service des membres et de leur rétablissement.

 

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