LE TRAIT D’UNION : Un réseau qui s’enracine dans la communauté

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Par Jean-Marc Gilbert
LE TRAIT D’UNION : Un réseau qui s’enracine dans la communauté

DOSSIER DE LA SEMAINE

Il a connu des périodes plus difficiles, mais comme un roseau qui plie sans jamais casser, le regroupement que l’on appelle aujourd’hui le Réseau moulinois de cuisines et de jardins a traversé la tempête. Il compte une trentaine de membres et ce n’est qu’un début, croit Manon Massé, directrice générale d’Uniatox, l’organisme qui parraine ce réseau toujours en croissance.

C’est dans le cadre du Plan d’action régional pour la solidarité et l’inclusion sociale (PARSIS) que le Réseau des cuisines autonomes est né en 2013. Malgré la perte d’un financement important deux ans plus tard, le réseau, qui était alors composé d’une dizaine de partenaires exploitant des cuisines collectives, a vivoté avec de modestes moyens. «On s’est dit qu’on allait au moins essayer de maintenir les ateliers de cuisine. C’est ce qu’on a fait pendant deux ans, sans pouvoir développer davantage», raconte Mme Massé.

Renaissance

En janvier 2017, le réseau des cuisines a bénéficié d’un coup de pouce de 32 560 $ provenant du premier appel de projets structurants lancé par la MRC Les Moulins. «À partir de ce moment, ça a décollé», se souvient la directrice générale d’Uniatox.

L’année suivante, une somme de plus de 30 000 $ de la part de la MRC a permis d’aller plus loin et d’intégrer des potagers communautaires au projet. «On avait déjà des cuisines. Pouvait-on maintenant faire des jardins? C’est logique d’avoir les deux pour assurer la sécurité alimentaire. On gagne beaucoup en fraîcheur. Et c’est aussi bon pour l’environnement, puisqu’on n’a pas besoin de se déplacer pour s’approvisionner en légumes», souligne Manon Massé.

C’est depuis ce moment que le regroupement œuvre sous la dénomination de Réseau moulinois de cuisines et de jardins. Puis, au début de 2019, c’est une somme de 47 255 $ que la MRC a versé au terme de son troisième appel de projets structurants, ce qui permettra d’en poursuivre le déploiement. «On a maintenant 31 partenaires et on veut continuer de s’étendre partout dans la MRC, tout en consolidant les groupes déjà existants pour les rendre les plus autonomes», rapporte Mme Massé.

Pour tous

L’espace n’est jamais un problème. Seulement chez Uniatox, il y a 59 espaces à louer sur une superficie de 100 pieds sur 100, soit 50 potagers de 10 pieds sur 20, 3 un peu plus petits et 6 jardins surélevés, en plus d’aires de repos et d’endroits où les enfants peuvent jouer en sécurité. «On est un réseau ouvert et pas seulement pour les organismes communautaires. Les entreprises peuvent nous contacter. On peut s’inscrire jusqu’au 30 juin pour l’année 2019», invite-t-elle.

Et même si ceux qui s’occupent des jardins n’ont pas le pouce vert, des formations sont offertes et les membres s’entraident.

Par ailleurs, il est possible d’être membre du réseau seulement en exploitant une cuisine collective ou seulement en ayant un espace dédié au jardinage.

Ambition

Celle qui considère que «l’autonomie et l’indépendance alimentaires sont l’une des plus grandes richesses» a un rêve très ambitieux pour le Réseau moulinois de cuisines et de jardins. «Est-ce qu’il y a des terres agricoles qu’on pourrait utiliser? Pourrait-on construire des serres pour produire à longueur d’année? Il faut s’unir au lieu de travailler chacun dans son coin. On a tous les ingrédients pour faire quelque chose de fantastique. Reste à voir comment on va le faire», conclut-elle.

Si elle remercie grandement la MRC pour le soutien jusqu’à maintenant, Mme Massé sait que le réseau devra convaincre d’autres investisseurs pour développer son plein potentiel.

 

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