L’école de La Source parle avec les astronautes

La semaine dernière, les élèves de l’école primaire de la Source à Mascouche ont vécu une expérience exceptionnelle. Grâce au programme ARISS, des élèves du troisième cycle ont communiqué directement avec les astronautes de la station spatiale internationale.

Philippe Pilette

Vendredi 17 juin, 8 h 30. Il y a beaucoup de fébrilité à l’école de la Source. Depuis la veille, l’équipe du Club de Radio-Amateur Laval-Laurentides (CRALL) est sur place pour installer ses antennes et son équipement. Ce matin, dans l’agora, les techniciens font les dernières vérifications tandis que près de 200 élèves ainsi que des invités se rassemblent au gymnase, où l’on a installé un écran géant pour la retransmission en direct de la communication.

À 9 h, les dix élèves choisis pour poser les questions entrent dans l’agora puis, vers 9 h 35, le technicien du CRALL commence à appeler la station spatiale. Après une quinzaine d’essais, il reçoit finalement une réponse de John Phillips, un des deux astronautes qui se trouvent à bord de la station spatiale. Ça y est, le contact est établi.

Un projet de longue haleine

ARISS (Amateur Radio on International Space Station ou Les radioamateurs à bord de la station spatiale internationale) estun programme qui offre aux étudiants et aux radioamateurs une chance de communiquer avec les astronautes à bord de la station spatiale internationale. Son objectif est d’intéresser le plus grand nombre d’individus, particulièrement les jeunes, à la technologie et aux programmes spatiaux internationaux par l’entremise de la radio amateur. Il est commandité par des organismes de radioamateur et les agences spatiales des États-unis, de la Russie, du Canada, du Japon et de l’Europe.

Seulement huit écoles canadiennes ont eu la chance de vivre cette expérience. L’école de la Source est la troisième école québécoise à y participer.

L’école a soumis son projet en septembre 2002 et a appris en 2003 qu’elle était placée sur une liste d’attente. Malheureusement, l’accident survenu au retour de l’équipage de la mission STS-107 en 2003 a interrompu les contacts entre la NASA et le programme ARISS. En 2005, bien que plusieurs élèves ayant travaillé au projet eussent quitté l’école, le projet est relancé puis, le 25 mars, on informait par courriel l’école qu’elle avait été retenue pour établir un contact avant la fin de l’année scolaire.

Différentes activités et divers projets pédagogiques ont alors été mis sur pied pour permettre aux élèves de participer activement à l’événement. Des questions que les élèves souhaitaient poser aux astronautes ont été élaborées et 25 d’entre elles ont été retenues par les élèves.

Le projet de l’école de la Source est dû à l’initiative des enseignants Robert Ménard, Michel Charbonneau et Josée Gauvin. Un tel projet représente beaucoup de planification. Après la présentation du projet initial à ARISS, il fallait entreprendre des démarches pour obtenir la collaboration d’un club de radio amateur puis préparer la planification de l’événement tout en mettant au point les activités pédagogiques entourant le projet.

Des thèmes d’études et de recherche ont été choisis par les élèves des classes participantes afin de favoriser l’émergence de questions pertinentes et intéressantes.

C’est l’enseignante d’anglais Josée Gauvin qui a eu la tâche de faire la sélection des dix élèves qui auraient à parler aux astronautes et de les préparer, car la communication se déroulait en anglais.

Un succès

L’assemblage de la station spatiale internationale a débuté en 1998 et elle est habitée depuis 2000. La station, qui devrait être complétée en 2010, peut accueillir trois astronautes au maximum. Actuellement, est elle occupée par l’Expédition 11, composée de John Phillips et du commandant russe Sergei Krikalev

Le 17 juin, lorsque la communication est établie, Josée Gauvin s’adresse à l’officier John Phillips puis laisse la parole aux élèves, qui viennent tour à tour au micro poser une question à l’astronaute. «Comment faites-vous pour renouveler l’air dans la station spatiale? Est-ce que vous utilisez souvent le bras canadien? Est-ce que vous pouvez déplacer la station spatiale?» demandent les élèves. On écoute attentivement les réponses de l’astronaute, qui sont également enregistrées.

Au gymnase, tous suivent l’échange avec intérêt. Avant le début de la communication, un expert de l’Agence spatiale canadienne est venu parler de la station spatiale et de la mission des astronautes. Après la fin de la communication, il traduit les questions et explique les réponses de John Phillips.

Après une dizaine de minutes, chacun des dix élèves ayant eu le temps de revenir poser une deuxième puis une troisième question, la communication qui était très claire devient moins bonne. Tous les élèves crient alors «Merci!» en direction du micro puis on met fin à la communication. Au gymnase, on applaudit. L’expérience a été un succès sur toute la ligne.

Le président du CRALL, Luc Doré, se dit très fier d’avoir participé au projet. «Ce n’est pas tous les jours que des radioamateurs ont la possibilité de communiquer avec la station spatiale. Nous sommes très heureux d’avoir été associés à ce projet», dit-il.

Quant aux jeunes qui ont posé les questions, ils admettent avoir éprouvé un peu de nervosité : «Je ne voulais pas arriver au micro et me mettre à bafouiller», dit l’un d’eux. «Nous avions peur de ne pas avoir le temps de poser au moins une question», ajoute une élève.

«Nous sommes très heureux de succès de l’opération, dit Robert Ménard, l’un des enseignants responsables du projet. Ce projet était très important pour les élèves et sa réussite représente une belle récompense pour tous ceux et celles qui y ont participé.»

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