L’entrepreneuriat, un monde en évolution

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Par Pénélope Clermont
L’entrepreneuriat, un monde en évolution
Martin Magnan, commissaire au démarrage d'entreprises du CLDEM. (Photo : Pénélope Clermont)

Depuis 1998, plus de 4 000 personnes ont pris part à l’atelier de démarrage d’entreprise offert par le Centre local de développement économique des Moulins (CLDEM), pour un total de 686 entreprises lancées sur le territoire. Si certaines années ont été plus fastes que la période que l’on connaît présentement, c’est que le phénomène de l’entrepreneuriat a grandement évolué au fil du temps.

Dans la dernière année, le CLDEM a accueilli 132 participants dans ses ateliers de démarrage, alors que 26 entreprises ont été fondées. Cela a généré des investissements de 1 641 892 $ ainsi que 54 emplois dans les Moulins.

Les chiffres présentés se révèlent en deçà de la moyenne des 20 dernières années pour ce qui est de la création d’entreprises, mais la Fondation de l’entrepreneurship rapporte que l’intention de démarrer une entreprise est toujours bien présente et s’est même accrue en 2017.

Cela peut entre autres s’expliquer par la visibilité de plus en plus grande des entrepreneurs. « On parle clairement plus d’entrepreneuriat, atteste Mme Magnan, commissaire au démarrage d’entreprises du CLDEM. Les gens qui arrivent dans nos ateliers ont minimalement côtoyé des entrepreneurs ou ont des parents entrepreneurs. Les modèles sont plus accessibles et ça, c’est un gros changement! »

Autre différence, les participants aux ateliers de démarrage du CLDEM sont beaucoup plus informés et outillés qu’il y a 20 ans, par exemple. « Ils sont peut-être plus rigoureux aussi ou prêts à prendre davantage leur temps », évoque-t-elle, ce qui peut expliquer que les projets ne débouchent pas dans l’année. Le processus est d’ailleurs de plus en plus exigeant.

« Ce qu’on leur demande est énorme, souligne la commissaire. C’est exigeant et ça demande du temps, démarrer une entreprise. »

Plein emploi et vie familiale

Le plein emploi dans la région peut aussi provoquer une certaine baisse dans le nombre d’entreprises démarrées, aux dires de la spécialiste. « Il y a eu des années de mises à pied pendant lesquelles les gens recevaient un beau package. On a pu voir l’impact sur le nombre d’entreprises créées », se rappelle-t-elle.

Dans cette même veine, la difficulté d’obtenir du financement, « la bête noire au démarrage d’entreprise », comme Mme Magnan le décrit, n’aide en rien les nouveaux entrepreneurs à se lancer en affaires. « Nous ne sommes pas dans une ère de financement », résume celle qui aimerait par ailleurs disposer de plus de moyens pour aider les nouveaux entrepreneurs en décloisonnant le groupe des 18-39 ans. « Les nouveaux entrepreneurs ne sont pas tous de jeunes entrepreneurs. Eux aussi ont besoin de conseils et de services », note-t-elle.

Taux de réussite de 75 %

Ceci étant dit, les hommes et les femmes qui osent mettre sur pied leur propre entreprise n’ont jamais aussi bien réussi, surtout s’ils bénéficient du soutien du CLDEM. « C’est beau, démarrer son entreprise, mais il y a autre chose après, car ça ne fait que commencer. Les suivis, l’encadrement et les formations qu’on offre font la différence, je pense, dans le taux de réussite des entreprises après cinq ans », fait savoir Mme Magnan.

Ce taux cumulé depuis près de 10 ans se situe à 75 % du côté des entreprises moulinoises collaborant avec le CLDEM.

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