Les ITSS, pas juste une affaire de jeunes

Kevin Riopel
Les ITSS, pas juste une affaire de jeunes
Les 45 ans et plus devraient changer leurs habitudes sous la couette, eux qui sont de plus en plus nombreux à contracter des infections transmises sexuellement et par le sang.

Si beaucoup de personnes attribuent les infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS) aux jeunes, elles ne leur sont pourtant pas exclusives. En effet, les 45 ans et plus sont eux aussi fortement concernés par ces infections qui sont actuellement en pleine croissance.

Au début des années 1980, ce qu’on appelait auparavant les maladies transmises sexuellement étaient bien peu présentes. Ainsi, les 45 ans et plus ont grandi et vécu sans avoir à se préoccuper des infections qui peuvent se transmettre pendant les rapports sexuels. Cependant, 30 ans plus tard, leurs habitudes de vie viennent leur jouer de bien mauvais tours. «Le seul risque que les gens couraient à l’époque, c’était celui d’une grossesse non désirée. Il n’y avait aucun danger en ce qui concerne les ITSS. Pour cette raison, on dirait que les 45 ans et plus ne se sentent pas à risque. Pourtant, les chiffres démontrent qu’il y a une croissance significative chez ce groupe d’individus. Je pense sincèrement que c’est plus par naïveté que par mauvaise volonté», souligne Alain Gariépy, sexologue clinicien à la clinique Deviens ce que tu es à Terrebonne et président de l’Institut québécois de sexologie clinique.

Le contexte social a beaucoup à voir dans la hausse des cas d’ITSS. Pour cause, de nombreuses personnes redeviennent célibataires et, du même coup, ont des rapports sexuels avec des partenaires différents. Pour Ginette Parisé, chef d’administration du Programme jeunesse chez les 5 à 18 ans au Centre de santé et de services sociaux du Sud de Lanaudière, cette situation devrait obliger les gens concernés à être encore plus prudents, ce qui n’est pas le cas dans les faits. «Beaucoup des personnes qui contractent une ITSS étaient en couple depuis longtemps. C’est donc dire qu’elles ont perdu le réflexe de se protéger. D’autres ne sont tout simplement pas sensibilisées à l’importance de se protéger. Elles se disent que ça n’arrive qu’aux autres», fait-elle savoir.

Un réflexe à développer

Selon ce qu’en pensent certains, les ITSS sont transmises en raison des infidélités dans les couples, un point de vue que ne partage nullement Alain Gariépy. «Je dirais que les gens qui vont voir ailleurs ont le réflexe de se protéger pour ne pas avoir à s’expliquer à leur conjoint. Les ITSS sont surtout contractées par des personnes qui sortent un soir et qui finissent la soirée dans la chambre. Comme ce n’est pas dans leurs habitudes, ces gens n’ont pas de préservatifs et passent tout de même à l’acte. Si une personne redevient active sexuellement et qu’elle n’a eu qu’un partenaire au cours des 20 dernières années, ça n’empêche pas les gens avec qui elle couche d’avoir eu plusieurs partenaires au cours des derniers mois», rappelle-t-il.

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