Les Jardins Moore : pas seulement des fleurs

Le parc des Jardins Moore, à Mascouche, est connu pour les fleurs magnifiques qu’on y fait pousser avec des méthodes écologiques. En 2004, il n’y a pas que les fleurs qui ont pu s’épanouir aux Jardins. On y a en effet accueilli un projet d’intégration de jeunes adultes au travail.

Philippe Pilette

Directeur des opérations des Jardins Moore, Normand Dugré aime bien parler de ses cultures et des projets qu’il caresse pour le parc. Installés pour cette entrevue dans la petite maison de Dyson Moore, fondateur des Jardins, qui abrite à la fois l’éco-musée, le bureau et l’atelier, nous avons une vue magnifique sur la rivière Mascouche. Durant notre rencontre, un groupe d’une dizaine de chevreuils viendront flâner sur la rivière, mêlant leurs traces à celles que des promeneurs ont laissées sur la neige.

«C’est un endroit magnifique. Bien sûr, nous ne sommes pas le Jardin botanique, mais les résultats qu’on réussit à obtenir ici sont très comparables à ceux d’autres jardins. Et comme notre site est exceptionnel, il y a un potentiel intéressant à développer», explique Normand Dugré.

Le projet d’embauche des huit jeunes a permis de commencer à explorer quelques-unes de ces possibilités. «Le projet a été mis sur pied avec la participation de Ressources humaines et développement des compétences Canada, qui a accordé une subvention de 118 000 $ à la Fondation Dyson Moore. Embauchés pour 10 mois, les jeunes ont pu acquérir une expérience de travail reliée au travail horticole et travailler à mettre sur pied des activités destinées au public», ajoute le directeur.

Expérience positive

Durant toute la durée du projet, les jeunes ont ainsi exécuté des travaux d’aménagement, de plantation et d’entretien, qui varient en fonction des saisons. «Comme nous avons un programme de plantations avec quelques écoles, les membres du groupe ont aussi eu à travailler avec des enfants. Ils ont également participé à l’organisation de l’événement Chant, Fleurs et Peinture, qui a eu lieu en septembre. Nous avons aussi préparé un spectacle d’Halloween pour les familles. Les jeunes se sont beaucoup impliqués dans cette activité. Ils ont fabriqué des décors, des accessoires, des costumes, tout en montant le spectacle. Cela a permis de terminer le projet en beauté», raconte Normand.

Le projet d’intégration vise aussi à permettre aux jeunes qui y participent de se forger une opinion plus positive du monde du travail.

Travailler sur soi

Outre les habiletés qu’ils peuvent développer, l’expérience qu’ils vivent leur permet également d’acquérir une meilleure connaissance d’eux-mêmes. «Ce n’est pas toujours facile. Certains de ces jeunes ont vécu et vivent encore des situations très difficiles. Leur participation au projet les oblige à une certaine discipline et à coopérer avec les autres membres de l’équipe, ce qu’ils n’ont pas l’habitude de faire», ajoute le directeur.

En bout de ligne, les huit participants ont vécu une expérience qui leur a permis d’explorer plusieurs disciplines. Certains d’entre eux se sont découvert un goût pour le travail manuel, l’horticulture ou le travail artistique, tandis que d’autres ont développé un intérêt pour le travail auprès des enfants. «Travailler avec des jeunes décrocheurs est très exigeant, mais cela est aussi très valorisant. J’ai beaucoup d’idées pour des projets similaires et j’espère pouvoir les mettre sur pied», conclut Normand Dugré.

Partager cet article

Commentez l'article

avatar