Les mêmes ressources qu’il y a 10 ans

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Par Jean-Marc Gilbert
Les mêmes ressources qu’il y a 10 ans
Les paramédics qui desservent la région et le CISSS de Lanaudière recommandent tous au ministère de la Santé l’ajout de ressources ambulancières pour la MRC Les Moulins. (Photo : archives)

Même si on compte aujourd’hui 30 000 Moulinois de plus qu’il y a 10 ans, une hausse de plus de 20 % de la population, les ressources ambulancières attribuées par le gouvernement sur le territoire sont exactement les mêmes qu’en 2009. Si les ambulanciers continuent de dénoncer la situation, même le CISSS de Lanaudière commence à constater des besoins en ressources supplémentaires.

Dans son document de recommandations annuelles transmis en février à la Direction des services préhospitaliers d’urgence du ministère de la Santé et des Services sociaux, document que La Revue a pu consulter, le CISSS de Lanaudière recommande «l’ajout de 17 520 heures de service annuellement», c’est-à-dire quatre horaires de 12 heures par période de 24 heures ainsi que l’obtention de trois véhicules supplémentaires.

Ces ajouts permettraient de réduire à 73,8 % le taux d’occupation clinique relatif. Pour la zone d’opération 625, qui couvre Mascouche et Terrebonne, ce taux s’est établi à 122,26 % en 2017-2018, soit largement au-dessus de toutes les autres zones de la région de Lanaudière, selon les calculs du CISSS.

«On nous promet toujours d’analyser rapidement, mais où est-ce que ça bloque? Difficile à dire, affirme Patrice Girard, président du Syndicat des paramédics Laurentides-Lanaudière – CSN (SPLL), qui représente 250 ambulanciers. Nous avions une date de rencontre, mais elle a été repoussée trois fois. Nous sentons que nous ne sommes pas une priorité», ajoute-t-il, précisant que la prochaine rencontre est prévue le 25 juin.

Plus d’appels et d’heures supplémentaires

Marc-André Nadeau, vice-président aux relations de travail pour le même syndicat, travaille sur le même quart qu’il y a 10 ans.

«Avant, nous avions environ quatre appels par jour. Aujourd’hui, c’est souvent six, sept ou huit. La charge de travail a doublé, mais avec le même nombre d’heures autorisées», déplore-t-il.

Pas étonnant donc d’apprendre que les paramédics n’ont parfois même pas le temps de profiter d’une pause-repas durant un quart de travail, ajoute M. Nadeau.

Par ailleurs, comme le note le CISSS de Lanaudière dans son rapport, près de 6 quarts de travail sur 10 se terminent en heures supplémentaires. En effet, sur les 2 548 quarts de travail annuels en 2017-2018 pour la zone d’opérations 625, 1 485 se sont terminés en heures supplémentaires, soit 58,3 % d’entre eux.

«Il faut que le gouvernement comprenne et respecte son engagement de réduire la charge de travail. C’est un problème national, mais notre région est la plus touchée», ajoute M. Girard. Et une fois que les ajouts seront faits dans la région, il faudra «suivre de près l’évolution en raison de l’augmentation rapide de la population et de la demande dans ce secteur», écrit le CISSS.

«Il y a de nombreux projets domiciliaires pour retraités qui font leur apparition dans la région. Forcément, il s’agit d’une clientèle qui est plus susceptible d’avoir besoin de nos services», fait remarquer le président du SPLL.

«Surveillance active»

Du côté du ministère de la Santé et des Services sociaux, la responsable aux communications Noémie Vanheuverzwijn indique, dans un courriel, que le ministère est «en analyse des données d’utilisation pour l’ensemble des régions du Québec, et ce, dans l’objectif d’assurer une distribution équitable et optimale des ressources disponibles».

On assure que la zone de Terrebonne et Mascouche fait l’objet d’une «surveillance active».

Pour ce qui est des heures supplémentaires, Mme Vanheuverzwijn répond qu’il est «de la responsabilité de l’entreprise de gérer les horaires et les ressources afin d’éviter le temps supplémentaire».

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