L’espoir de se relever

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Par Gilles Fontaine
L’espoir de se relever
Avec Flashbacks, Josée Querry raconte ce qu’elle est devenue, ce qu’elle était et le chemin qu’elle a pris pour remonter la pente. (Photo : courtoisie)

Bien qu’elle ait réalisé son rêve de jeune fille en devenant policière à la GRC, Josée Querry n’a pu éviter de sombrer dans une grande noirceur. Une noirceur qui l’a menée droit dans le mur d’un trouble de stress post-traumatique.

Le 1er janvier 2017, celle qui a pratiqué le judo à un haut niveau, celle qui a gravi très rapidement les échelons de la GRC, celle qui a tenté d’être la meilleure mère de l’univers, mais surtout, celle qui ne va pas très bien se met à écrire à propos de son état. À travers Facebook et sa page «Une histoire de fille et le TSPT», Josée Querry, seule et isolée, raconte ce qu’elle est devenue, ce qu’elle était et le chemin qu’elle a pris.

La performance

«J’ai longtemps été dans la performance. J’ai été élevée par des parents très vaillants et très travaillants», nous raconte la Terrebonnienne originaire de la petite municipalité de Saint-Quentin au Nouveau-Brunswick. «C’est probablement après la performance que je courais. J’avais le syndrome de la fille du petit village, il fallait toujours que j’en fasse davantage. J’ai fait du judo de haut niveau et je ne voulais jamais perdre. Même chose au travail, j’en donnais toujours plus et beaucoup plus», ajoute-t-elle.

Et ce, jusqu’au jour où ce qui était jadis son rêve s’est écroulé.

Progression rapide

En août 1997, Josée Querry reçoit son insigne de la GRC. Elle vient d’atteindre son rêve, mais elle est rapidement confrontée à ses peurs et à ses angoisses, les scènes de crime qu’elle voit n’aidant en rien. Elle gravit rapidement les échelons pour se retrouver dans des équipes d’enquêtes extrêmement importantes (drogue, terrorisme). Son travail acharné est récompensé. Et c’est en 2015 qu’elle frappe un mur, un mur qui changera sa vie. Elle reçoit un diagnostic de trouble de stress post-traumatique.

Aujourd’hui, Josée Querry s’est donné la mission de parler de ce trouble. Avec son livre Flashbacks, qu’elle vient de faire paraître aux Éditions de Mortagne, elle veut montrer que même les plus forts peuvent tomber et, surtout, se relever. «Le livre, c’est plutôt un livre d’espoir. L’espoir qu’il est toujours possible de sortir d’une période noire. Que oui, ça peut arriver à n’importe qui, mais qu’il sera toujours possible de se relever», explique-t-elle.

Informer, démystifier, sensibiliser

Josée Querry aurait aimé savoir. «Si j’avais su, je sais que j’aurais réagi différemment. Je ne connaissais rien du trouble de stress post-traumatique. Je ne savais pas qu’il n’était pas « normal » de voir des suicidés ou du sang sur les murs. Si j’avais su, je pense que je ne serais pas descendue aussi bas avant de consulter. C’est ce que je tente de faire avec ma page Facebook, mes conférences et le livre.»

Josée Querry ne s’adresse pas qu’aux policiers ou aux premiers répondants. Elle a parlé devant des enseignants et des employés des services correctionnels également. Ces conférences sont ouvertes à tous parce que justement, cela peut arriver à n’importe qui.

Aujourd’hui, Josée Querry est dans une grande forme. «Je n’ai jamais été aussi bien de toute ma vie», assure-t-elle. Les mots qu’elle reçoit de lecteurs ou de personnes qui ont assisté à ses conférences confirment qu’elle a pris la bonne direction.

Pour en savoir davantage sur son histoire, il suffit de visiter le www.joseequerry.com ou la page Facebook «Une histoire de fille et le TSPT». Le livre Flashbacks est aussi disponible dans toutes les librairies.

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