Libre opinion

Par Gilles Bordonado
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Gilles Bordonado

Printemps

Alors que Québec se retrouve avec des surplus bien plus importants que prévu, la liste de demandeurs de meilleurs services publics ou de baisses d’impôts ou de taxes s’allonge. Avec raison.

Alors qu’à Ottawa, nous abordons la quatrième année du gouvernement Trudeau, dont la gestion des affaires publiques est remise en question, les restrictions majeures imposées par les libéraux à Québec ont eu un impact négatif considérable en éducation et dans les secteurs de la santé et des services sociaux. Quant au pouvoir d’achat des Québécois, il a souffert aussi des hausses considérables des tarifs ces dernières années.

Qu’il s’agisse des garderies, du fardeau fiscal des contribuables ou des services attendus dans les milieux scolaire et de la santé, la patience sera de rigueur.

La CAQ, au pouvoir depuis peu, a donné du répit aux aînés et aux familles dans son récent énoncé économique, mais les grandes mesures arriveront au printemps avec le premier budget du ministre des Finances, Éric Girard. L’équipe Legault aura pu mettre à sa main un gouvernement empêtré dans 15 ans de règne libéral. Minoritaire pendant 18 mois, le PQ n’avait pas eu cette marge de manœuvre. Du changement, il y en aura plus… au printemps.

Alors que Québec nage dans les surplus, François Legault veut investir dans les services et dans le portefeuille des Québécois. Il s’inquiète cependant d’un potentiel ralentissement de l’économie mondiale. Comme dans les municipalités, Québec veut éviter de toucher à ses surplus et à ses réserves, se disant qu’ils pourraient servir en cas d’éventuels coups durs. Encore là, prudence.

Pour La Revue et les médias du Québec, un soutien ou tout au moins une volonté de ne pas nuire est souhaité et la CAQ, en accord avec ses positions passées, agira. La ministre Nathalie Roy et son collègue Louis Lemieux l’ont d’ailleurs promis la semaine dernière.

Si Québec abolit la taxe totalement injuste sur le recyclage, ramène les avis publics dans les journaux et soutient les médias en réinvestissant de la publicité dans nos publications ou sur nos sites Internet au lieu d’acheter sur Google et Facebook, ce sera un premier pas qui ne coûtera pas un sou au gouvernement. S’il s’ajoute, comme en parle (enfin!) Ottawa, un crédit d’impôt au journalisme, un avenir meilleur se dessinera pour les médias au pays et au Québec. On ne fait pas la charité, on fait de l’information, une des bases de notre démocratie.

Rappelons qu’en 2017, 54,7 % de tous les achats publicitaires à Ottawa ont été faits sur les réseaux sociaux et Google : 16,8 M$ de publicité à des entreprises étrangères qui ne payent pas d’impôts et de taxes au pays et qui ne contribuent pas au mieux-être des gens d’ici. À titre de comparaison, 700 000 $ auraient été investis par Ottawa dans les centaines de journaux régionaux au pays.

Et ce n’est pas mieux à Québec. Le Devoir a appris que notre gouvernement a investi 6 M$ en 2017 chez les géants du Web, une hausse de 120 %. Et presque rien pour les journaux et les hebdos. Il était et il est plus que temps que ça change.

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