Libre opinion

Par Gilles Bordonado
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Gilles Bordonado

Le bien et le beau

Daniel Sauriol aura marqué la MRC Les Moulins comme rarement l’ont fait de hauts fonctionnaires municipaux dans la région.

J’ai connu Daniel du temps où il œuvrait au Service d’urbanisme de la Ville de Mascouche il y a plus de 25 ans. C’est à ce sportif émérite que l’on doit la signature urbanistique de la montée Masson, comprenant les bâtiments avancés sur la rue, les stationnements latéraux, la longue piste cyclable et les nombreux arbres plantés à ses abords. Cette signature, menée alors qu’il était directeur de l’urbanisme, a survécu à son départ pour Terrebonne il y a 18 ans. Aujourd’hui, la montée Masson pensée au milieu des années 1990 est bien en force.

Arrivé à Terrebonne, ce travailleur minutieux et ambitieux a fait preuve de cette même vision avec une ténacité qui n’a pas toujours fait l’unanimité, en particulier chez les investisseurs. Les services d’urbanisme des villes voient à long terme, ce qui ne fait pas toujours l’affaire, et on le comprend, des promoteurs qui casquent des millions pour développer l’économie locale et leurs affaires. Ceux-ci comme certains usagers doivent vivre avec des cases de stationnement manquantes et trop petites, des espaces verts et des pistes cyclables ajoutées en catastrophe et des règles quelquefois trop strictes, voire illogiques.

S’ils sont trop en avant de leur temps, idéalistes ou pointilleux pour des peccadilles, reconnaissons aux urbanistes le mérite qui leur revient. Ils veulent du bien et du beau, et Daniel Sauriol était de ceux qui voulaient du bien et du beau.

Ce fut le cas pour des règlements de zonage, d’aménagement et de plans d’implantation et d’intégration architecturale à Terrebonne et pour Urbanova, dont les infrastructures extraordinaires ont exigé cependant des investissements élevés aux promoteurs et à la Ville. Mais qui s’en souciera dans 40 ans, alors que le quartier sera payé et que la qualité de vie de ses citoyens sera assurée?

Ayant accédé à la direction générale adjointe, puis à la direction générale de Terrebonne à la suite du départ de son prédécesseur dans la disgrâce, Daniel Sauriol aura été un des derniers hauts fonctionnaires de la Municipalité à survivre à l’arrivée d’une nouvelle administration à Terrebonne. S’il n’a pas démérité, il était concevable que le maire Marc-André Plante et son équipe désiraient avoir «leur» personne de confiance en place dans un poste aussi stratégique.

C’est donc Alain Marcoux, un mandarin au curriculum vitae prestigieux, qui arrive en ville. Bien qu’il ait été reçu à bras ouverts par le premier magistrat, certains employés de la Ville de Montréal prédisent des moments difficiles à leurs collègues de Terrebonne. J’ai toujours dit qu’il n’y a pas pire situation qu’un conflit entre une Ville et ses employés. Souhaitons que l’harmonie demeure. L’administration Plante, qui a déjà réalisé plusieurs réformes, en a probablement d’autres à mener à terme. C’est le mandat qui lui a été donné et qui sera donné à M. Marcoux. Mais la politique, c’est plus que ça aussi. C’est une relation de première qualité avec son milieu et ses employés. De lire des commentaires très élogieux d’internautes sur notre Facebook pour le maire Jean-Marc Robitaille, malgré les accusations graves portées contre lui, fait réfléchir. L’équipe du maire Plante en a sûrement pris bonne note.

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