Libre opinion

Par Gilles Bordonado
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Gilles Bordonado

Vocation

Ces jours-ci, c’est la Semaine des enseignantes et des enseignants au Québec. Quelle belle vocation que celle-là! À ceux qui déclarent que les profs sont des gras dur avec leurs quelques semaines de vacances l’été, je dis qu’ils parlent à travers leur chapeau. Je mets ces gens au défi d’avoir une classe devant eux et de devoir lui communiquer toute la formation qu’il faut.

Être enseignant est un art pour le moins délicat. Au-delà de la matière à enseigner, qu’il doit posséder sur le bout de ses doigts, l’enseignant occupe de multiples rôles. Celui d’éducateur, mais souvent aussi celui de psychologue et de travailleur social, autant avec l’enfant qu’avec ses parents.

L’enseignant d’aujourd’hui fait face à une foule de nouvelles réalités. La société a bien évolué avec le temps. De la maman au foyer qui attendait les enfants à la maison midi et soir, on est passé, et c’est tant mieux, à une présence accrue des femmes en emploi, ce qui a développé leur indépendance et une juste mise en valeur de leur potentiel, mais aussi une plus grande présence des enfants à l’école, en classe ou en service de garde.

Les enfants font face aussi à de nouvelles réalités. Plusieurs ont deux foyers, puisque leurs parents sont séparés. Cette situation complique le travail des enseignants sur le plan pratique, mais aussi des émotions vécues par les petits.

Aujourd’hui, et c’est heureux, l’école accueille de plus en plus d’enfants différents en classe régulière, en particulier au primaire. Si cela favorise l’intégration de ces jeunes, cela complique le travail des enseignants qui participent à la mise en place de plans d’intervention adaptés à chaque enfant en difficulté. L’enseignant a beau avoir un certain soutien, il reste que la présence d’un, de deux ou de trois élèves hors-normes représente un défi.

Mes enfants ont eu droit à des enseignants extraordinaires, dévoués et qui avaient à cœur leur réussite. Qu’ils aient été jeunes ou moins jeunes, je les ai vus encourager leurs élèves avec passion. Alors que le gouvernement Legault entend valoriser leur travail, je leur souligne toute mon admiration et je leur dis de persévérer pour le bien de nos enfants. Ils changent leur vie.

Je l’ai déjà écrit par le passé. Alors que certains jeunes rêvaient d’être pompiers ou policiers, mon souhait était d’être professeur de géographie de 1re secondaire.

Si le journalisme a finalement été la grande passion de ma vie professionnelle, il m’arrive encore aujourd’hui d’en rêver. D’avoir une classe à moi en science politique ou en communication. Qui sait, un jour?

Je retrouve un peu de cette effervescence comme entraîneur au soccer. Je suis bénévole depuis 35 ans et je coacherai ma fille cet été pour une 14e saison. Je vois ce groupe de jeunes femmes dédiées au sport qu’elles pratiquent avec plaisir depuis plusieurs années et je me sens choyé de pouvoir les diriger sur le terrain. J’y retrouve un peu de ma jeunesse malgré mes 54 ans bien comptés. Comme président de la Fondation du Cégep à Terrebonne, je plonge chaque semaine dans le monde de l’enseignement collégial où je découvre des professeurs passionnés et des étudiants qui le sont tout autant. C’est rafraîchissant et rassurant. Nos enfants sont entre bonnes mains.

Bravo, messieurs, dames les enseignants et bonne semaine!

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Gilles BordonadoJean MassicotteGilles BordonadoAndré Auteurs de commentaires récents
André
Invité
André

Merci pour votre soutien et votre reconnaissance. Je suis aussi heureux d’avoir pu enseigner à votre fille.

Gilles Bordonado
Invité
Gilles Bordonado

Bonjour André, à laquelle des deux avez-vous enseigné ? Gilles

Jean Massicotte
Invité
Jean Massicotte

Wow! Excellent article concernant la réalité d’un enseignant d’aujourd’hui. Dommage que la société du Québec ne pense pas toujours comme vous… Nous sommes souvent laissés à nous-mêmes, n’ayant pas ou peu la précieuse collaboration des parents. Par contre, j’ai adoré enseigner les 31 années que j’y ai consacrées. Le contact humain demeure, selon moi, l’élément le plus important. Retraité depuis un an, je félicite celles et ceux qui exercent cette profession qui n’est pas tous les jours facile à exécuter. De tout coeur avec vous.