Libre opinion

Par Gilles Bordonado

Promesse

François Legault tient promesse. Après avoir dénoncé pendant des années l’incurie du gouvernement libéral dans le dossier de la santé dans Lanaudière, le premier ministre passe de la parole aux actes en annonçant l’ajout de 246 lits au centre hospitalier Pierre-Le Gardeur de Terrebonne.

Pour le député de L’Assomption, qui avait l’hôpital dans sa circonscription il n’y a pas si longtemps, le temps du rattrapage est arrivé. La volonté de mener cet agrandissement tambour battant montre bien la reconnaissance des besoins en services de santé dans le sud de Lanaudière. Il y avait urgence d’agir et le gouvernement mené par la Coalition Avenir Québec agit.

Qu’on le veuille ou non, l’adage qui dit «loin des yeux, loin du cœur», même s’il s’agit de services publics, s’est appliqué dans les circonscriptions de Terrebonne et de Masson pendant de longues années. Les derniers projets majeurs d’infrastructures menés ici dataient du règne du Parti Québécois : hôpital, cégep, agrandissement du CFP des Moulins et nouvelle salle du Théâtre du Vieux-Terrebonne. Il y a bien eu quelques saupoudrages à droite ou à gauche de la part des libéraux, mais pour ce qui est des grandes annonces, elles ne sont jamais venues, à moins que ces projets amenés par le PQ n’eussent été trop avancés pour que les libéraux reculent. Les seuls engagements qui ont échappé à cette politisation géographique des investissements sont les constructions d’écoles. On ne peut tout de même pas laisser les élèves dans la rue…

La lune de miel se poursuit donc entre la CAQ et les électeurs. Les sondages le montrent, la CAQ a vu sa popularité croître depuis son arrivée. Que l’on soit à droite du spectre politique ou à gauche, que l’on soit fédéraliste ou souverainiste, une grande majorité de Québécois se disent nationalistes. C’est cette corde sensible que François Legault joue à merveille. La fameuse «3e voie» s’est donc ouverte devant lui et les Québécois l’empruntent joyeusement pour l’instant. Il me semble y retrouver le programme péquiste de 1985 sur l’affirmation nationale de Pierre-Marc Johnson. Qu’il s’agisse d’immigration ou d’un rapport unique d’impôt, le rapport de force que Legault établit avec Ottawa et ses homologues des autres provinces est clair. Finis les complexes, finis les «yes man» à la Couillard, et ça fait du bien.

J’ai aussi le sentiment que le bon sens est de retour dans l’exercice du pouvoir. Il y a bien quelques anicroches, mais rien qui ne fasse déraper ce gouvernement pourtant formé de novices en politique. Donc pas de catastrophe appréhendée.

Mais on ne gagne pas une élection trois ans à l’avance. C’est au bilan de ses quatre ans au pouvoir que les électeurs d’ici et du reste du Québec évalueront la qualité de ce gouvernement. Et il y a encore beaucoup de travail à faire.

Pour la région, la question des infrastructures routières et du transport collectif, avec la prolongation de la 19 dans l’ouest de Terrebonne, l’élargissement de la 337 à La Plaine, l’arrimage bancal du REM avec le Train de l’Est et l’absence de voies réservées sur la 25 entre Terrebonne et Mascouche, demeure centrale.

Entre-temps, les bonnes nouvelles tombent. Enfin.

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