Libre opinion

Par Gilles Bordonado
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Gilles Bordonado

Calife

Je ne surprendrai personne en notant ici que je ne suis pas un fan du premier ministre Justin Trudeau. Les lecteurs assidus de ma chronique savent que le souverainiste que je suis vote pour le Bloc Québécois.

Le gouvernement libéral fédéral ne me plaît pas pour une foule de raisons. Il empiète sur les responsabilités provinciales et est fermé à la mise en place d’un rapport d’impôts unique pour le Québec, achète un oléoduc à coups de milliards, dépense sans compter en nous plongeant dans des déficits sans fond, dort au gaz sur les questions de la survie des médias et des droits des passagers floués par les compagnies aériennes, et oublie le Québec dans une foule de domaines, dont les chantiers navals. Quant à Justin Trudeau, la superficialité de certaines de ses actions semble enfin se remarquer, alors que le Canada fait face à des défis économiques et politiques qui paraissent dépasser le chef d’État.

J’appuie cependant Trudeau sur un point : la défense des travailleurs de SNC-Lavalin, une firme d’ingénierie de calibre international. Le Bloc défend d’ailleurs avec ardeur les employés de ce fleuron de l’économie québécoise, dont la réputation a été sérieusement écorchée par des dirigeants sans morale.

Si ceux-ci comme la firme méritent d’être punis pour les crimes commis, je ne vois pas pourquoi le Canada devrait pénaliser la firme au-delà de ce qui est imposé aux autres entreprises du genre ici comme à travers la planète. Justin Trudeau a été malhabile dans sa façon de traiter ce dossier, et le Canada anglais charrie sur la question. Il y a là une mauvaise foi évidente et, à mon avis, un « agenda caché » dépassant largement SNC-Lavalin.

La démission subséquente de deux ministres importantes est symptomatique d’un malaise profond au sein de la famille libérale fédérale. Voyant le pouvoir leur glisser des mains, certains libéraux semblent vouloir passer Trudeau à la trappe. S’il ne fait aucun doute que les partis d’opposition se réjouissent des malheurs du chef libéral, une question demeure : qui est celui ou celle, chez les libéraux, qui s’en réjouit? Qui veut être calife à la place du calife? Les prochaines semaines devraient nous éclairer sur la situation.

Le Bloc en remontée

Entre-temps, le Bloc est en remontée dans les sondages. Avec l’arrivée d’un parti nationaliste à Québec, le Bloc s’est replacé sur l’échiquier politique avec un chef efficace, des troupes revigorées, et une mission de défense du Québec et de la souveraineté qui plaît à une bonne partie de l’électorat québécois.

Et cette remontée va se poursuivre en particulier dans le 450 et dans les régions. Je ne serais pas surpris que certains députés nationalistes du NPD au Québec rejoignent le Bloc. Avec un Parti libéral empêtré dans les scandales et des conservateurs qui continuent d’être des… conservateurs, le Bloc est en bonne position pour faire réélire ses 10 députés et en ajouter une vingtaine d’autres. Ça nous changerait de la pléiade de députés libéraux bien silencieux à Ottawa…

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