Libre opinion

Par Gilles Bordonado
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Gilles Bordonado

Troublants

Les témoignages de femmes d’ici porteuses d’implants mammaires non texturés sont troublants. Ce n’est pas d’hier que des femmes se plaignent de malaises associés aux implants mammaires. Ce qui est tout aussi troublant, c’est la lenteur de Santé Canada à pousser plus loin ses études avant d’autoriser ce genre de chirurgie.

Dans une société qui mise sur la prévention, je m’explique mal que Santé Canada autorise aussi facilement ce genre d’implants qui, visiblement, posent problème depuis des années à nombre de femmes.

Je regrette aussi que des chirurgiens esthétiques, pourtant liés au serment d’Hippocrate, semblent se libérer de certaines de leurs obligations en faisant signer à leurs patientes des décharges légales.

Qui plus est, ces femmes, qui ont dû payer pour se faire installer ces implants, doivent repayer aujourd’hui pour se les faire enlever. Il paraît même que certains chirurgiens refusent de leur redonner les implants pour se protéger ou protéger des compagnies pharmaceutiques.

Les femmes qui optent pour une augmentation mammaire en ressentent le besoin pour une foule de raisons qui leur appartiennent. Je ne les juge d’aucune façon. C’est là un choix bien personnel. Néanmoins, les témoignages de ces quatre Moulinoises devraient en faire réfléchir plus d’une. Rien ne remplacera la santé, que celle-ci soit physique ou mentale. Quelques centilitres cubes de liquide n’apporteront jamais le bonheur associé à une excellente santé. Ils ne compenseront jamais les risques potentiels de maladies et toute l’anxiété que cela peut générer à court, à moyen et à long.

Personnellement, j’ai toujours eu la conviction profonde que la nature nous a faits comme nous sommes et qu’il y a bien des façons d’améliorer son apparence physique sans passer sous le bistouri. Mesdames, aimez-vous comme vous êtes. Vous ne serez jamais plus belles qu’au naturel.

Pour conclure, si Santé Canada semble errer dans ce dossier, j’ai le sentiment profond que c’est le cas dans quelques autres.

En effet, plusieurs reportages ont mis au jour des situations inexplicables dans une société évoluée comme la nôtre. Comment se fait-il que de plusieurs produits, dont les propriétés sont loin d’apporter les soulagements indiqués, trônent sur les tablettes de tant de commerces au pays? On apprend, souvent au compte-gouttes, par le biais de reportages et d’enquêtes, que certains de ces produits sont carrément inefficaces et qu’ils n’ont qu’un seul effet, celui d’un placebo.

Personnellement, je refuse depuis des années la publication, dans ce journal, d’annonces nationales présentant entre autres ces pilules miracles qui font maigrir ou qui améliorent la santé de façon miraculeuse.

Si Santé Canada autorise ces entreprises à nous vendre ces cochonneries, peut-on d’un même souffle espérer qu’il protège les Canadiens et les Canadiennes contre d’autres produits qui ont le potentiel de les rendre malades? Poser la question, c’est y répondre…

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