Libre opinion

Par Gilles Bordonado
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Gilles Bordonado

L’heure juste

Je l’ai souvent écrit ici, le dernier mandat de l’Équipe Robitaille à la tête de la Ville de Terrebonne a été difficile et le ménage à faire, à en croire l’actuel maire de Terrebonne, est sans commune mesure avec ce qui était attendu. Pour en avoir les détails, je vous invite à lire dans la présente édition l’excellent papier de mon collègue Jean-Marc Gilbert, qui a très bien résumé l’état des lieux.

Dans la rencontre avec le premier magistrat, Marc-André Plante, j’espérais que nous aurions l’heure juste. Et nous l’avons eue. Ne passons par quatre chemins, l’administration de l’Alliance démocratique de Terrebonne doit faire face à un des douze travaux d’Hercule : nettoyer les écuries d’Augias*.

Le chantier auquel elle fait face est colossal. Des poursuites traînent depuis des années, aucun système comptable sérieux n’était implanté, et il n’existait pas de gestion des liquidités : «Terrebonne était « la Ville Excel ». Tout était sur Excel. Qui plus est, jusqu’à il y a un mois, les employés recevaient leur bordereau de paye en papier. Aucun virage technologique sérieux n’était entrepris. Et pour 800 employés permanents, il y avait 350 cartes de crédit en circulation. Oui, 350! Le dernier conseil était sur le cruise control…»

Quant à la dette, elle est bien trop importante pour le poids de la ville. «Tout a été pelleté en avant pendant des années. Qu’on la mesure d’une manière ou d’une autre, la dette met Terrebonne dans le rouge selon toutes les méthodes employées. La dette est la pire des grandes villes du Québec!» dit-il.

Selon le maire, la fusion est loin d’avoir apporté ses fruits. Au lieu de s’alléger comme promis avec le regroupement, la fonction publique s’est grandement alourdie. L’organisation du travail est patriarcale et cela explique les défis qui entourent les négociations actuelles et à venir avec les employés.

Mais le maire demeure optimiste. «La haute direction de la Ville a été totalement changée. La structure s’est relevée rapidement», assure-t-il. Selon lui, l’ère Robitaille est bien derrière, malgré que ses conséquences se font encore ressentir aujourd’hui et se feront ressentir aussi demain.

Des projets emballants sont sur la table, dont le parc industriel «Thouin» dans le secteur Lachenaie, le viaduc Urbanova, les travaux sur des Seigneurs et Gascon, la construction d’un nouveau poste de police à Terrebonne et d’une caserne d’incendie à La Plaine, et l’élaboration d’un projet d’hôtel de ville. L’option prévoyant l’ajout d’une annexe à l’actuel hôtel de ville avec stationnement étagé est intéressante et permettrait de relancer le Vieux-Terrebonne. Terrebonne est présente comme jamais aux instances régionales et gouvernementales.

Un changement de culture s’installe et les problèmes se règlent peu à peu.

S’il se sent soutenu par les citoyens dans les nombreux événements auxquels il assiste avec ses collègues conseillers, le maire avoue qu’il devra encore mieux communiquer ses messages dans l’avenir. Un premier pas est fait ici.

***

*Nettoyer les écuries d’Augias n’était pas un travail dangereux pour Hercule, mais certainement le plus dégradant. Il aura fallu qu’Hercule mette de côté sa dignité pour aller nettoyer ces écuries qui n’avaient pas été entretenues depuis 30 ans et qui débordaient d’excréments du grand troupeau d’Augias. L’image est forte, mais révélatrice.

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