Libre opinion

Par Gilles Bordonado
Libre opinion
Gilles Bordonado

Absurde

Le manque de flexibilité est assurément l’une des plaies qui frappent les institutions publiques. L’impossibilité pour l’Académie La Passerelle d’offrir ses services spécialisés aux enfants du préscolaire comme elle le faisait avant est absurde.

Entourée d’une vingtaine d’enseignantes du primaire et du secondaire, ainsi que d’orthopédagogues et de spécialistes en stimulation du langage, la propriétaire disposait d’une «aile» préscolaire qui permettait d’offrir aux tout-petits des séances de 2 à 5 heures, deux jours par semaine, pour des groupes n’excédant pas six enfants.

Comprenez ici que l’Académie ne reçoit pas de subventions gouvernementales, mais avait l’autorisation par le passé d’offrir ces services spécialisés recherchés.

Mais un changement à la loi et la visite d’une représentante du ministère de la Famille à l’Académie ont forcé la propriétaire à fermer ce service pourtant très apprécié par ces jeunes enfants vivant des problèmes d’apprentissage et leurs parents. Quand on sait que tout se joue avant 5 ans et que le public manque cruellement de services spécialisés, c’est ignoble que de ne pas autoriser la poursuite des activités offertes par cette petite entreprise à la vocation éducative.

Toutefois, la fonctionnaire qui applique le nouveau règlement a ses solutions : que la promotrice crée une association ou offre le service à partir de chez elle ou à domicile. Donc, c’est dire qu’au lieu de se pencher sur une solution plus flexible ou de s’interroger sur le bien-fondé de l’intervention, Québec force la fermeture du service. B-R-A-V-O!

Les habitués de cette chronique savent que j’ai une fille maintenant âgée de 24 ans qui a eu besoin de services spécialisés. Encore aujourd’hui, au Cégep de Terrebonne, un service la soutient comme 300 autres étudiants. Et pour votre information, sa grande détermination et l’intervention précoce feront en sorte qu’elle entrera probablement à l’université en janvier.

Mais revenons à l’Académie. Sachez que nous en aurions bien pris une, une Académie La Passerelle, dans le temps, car les services spécialisés en orthophonie et en ergothérapie étaient rares et le sont encore aujourd’hui.

Sauf qu’il fallait que Québec mette ses gros sabots là-dedans et brise quelque chose qui semblait marcher très bien et faire le bonheur de tous.

Pour connaître un peu l’histoire de notre premier ministre François Legault, ex-ministre de l’Éducation et de la Santé, je sais pertinemment qu’il connaît la rareté des services publics dans ce domaine et l’importance d’intervenir en bas âge. N’est-ce pas là l’un des objectifs des maternelles 4 ans? Je ne peux pas croire que son gouvernement laissera tomber l’initiatrice des services préscolaires de  l’Académie La Passerelle.

Il faut que le gros bon sens triomphe et que le «mur à mur» laisse place à la flexibilité et ici, visiblement, ce n’est pas le cas.

Partager cet article

Commentez l'article

avatar