Libre opinion

Par Gilles Bordonado
Libre opinion
Gilles Bordonado

En marge de la République

En 2004, je vais remettre une bourse à un étudiant du Cégep à Terrebonne. On invite le président de l’association étudiante, un certain Mathieu Traversy, à prendre la parole. L’entrée est triomphale. C’est le délire, l’ovation debout. Le jeune homme de 19 ans prend la parole avec verve et fougue. L’ex-maire Forget, qui représente la Caisse Desjardins, et moi sommes estomaqués. On dirait de Gaulle haranguant la foule. L’intonation, tout y est.

Si j’introduis ce texte ainsi, c’est que Mathieu Traversy, à l’instar de Charles de Gaulle, démissionnaire du gouvernement provisoire de la France en 1946, est en marge de la République. Plusieurs Terrebonniens rêvent de voir le sympathique ex-député, fort apprécié des électeurs, se présenter à la mairie de Terrebonne en 2021. Tous ont compris que c’est la CAQ qui a gagné et non Traversy qui a perdu. Certains se sont amusés à réaliser un sondage non scientifique sur Facebook pour connaître l’opinion des gens. Pour plusieurs, le mot est faible, Traversy est l’homme providentiel, comme l’a été de Gaulle, devenu président en 1959. Là s’arrêtent les parallèles entre de Gaulle et l’ex-député de Terrebonne.

Puisque la question est évoquée depuis des semaines, je commente.

J’ai rencontré Mathieu récemment. Ce dernier se passionne pour les défis qu’il embrasse comme commentateur aux Ex sur RDI et comme étudiant réalisant son baccalauréat en science politique. Je l’ai évidemment questionné sur son intérêt pour un retour en politique… et qui sait, en politique municipale. Mon ami Mathieu, car je le considère comme un ami, a patiné comme… un politicien.

«Pour l’instant», il se dit fort satisfait de la vie qu’il mène. Il n’en dira pas plus et il n’a pas à le faire. L’échéance électorale municipale est très loin et rien ne le pousse à se compromettre tout de suite… ou un jour d’ailleurs!

Faire de la politique est un sport extrême. Parlez-en au maire Marc-André Plante, qui en a plein les bras avec les réformes qu’il mène actuellement. Ce dernier joue gros d’ici la fin de son mandat. Outre jongler avec des finances difficiles, deux hausses de taxes et des infrastructures mal en point, son administration est en guerre avec ses employés. Et, ça, si ça traîne, c’est loin de favoriser une réélection, même si on dit avoir la population avec soi. Marc-André Plante le sait et les membres de son équipe aussi.

Mouvement Terrebonne, qui compte plusieurs amis de Mathieu Traversy en ses rangs, se prépare. Est-ce qu’il sera leur porte-étendard? Impossible de le savoir à l’heure actuelle.

En conclusion d’un article publié en mars par Actualités UQAM, le journaliste Pierre-Etienne Caza lui pose aussi la question : pense-t-il retourner en politique un jour? Voilà la réponse de Mathieu Traversy : «C’est un milieu effervescent et très stimulant, mais aussi très demandant. Ça fait du bien d’en sortir et de prendre du recul. Cela dit, si l’envie me reprend un jour, j’y retournerai. Comme dit l’adage : « On peut sortir l’homme de la politique, mais pas la politique de l’homme! »»

À vous de voir.

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