Libre opinion

Par Gilles Bordonado
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Gilles Bordonado

Retraite

Non, je ne prends pas ma retraite professionnelle. Je prends ma retraite d’entraîneur de soccer. En parallèle avec une modeste carrière d’arbitre de 1979 à 1981, j’ai eu le bonheur de devenir entraîneur de soccer en 1980. Cette carrière vient de prendre fin avec les 18 ans de ma benjamine.

Avec mes bons amis Stéphan Bernatchez et Richard Siné, Simon, son dévoué papa, nous avons dirigé en 1980 des équipes à Mascouche du haut de nos 15 ans : Richard le «moustique» et Stéphan le «pee-wee». J’étais adjoint de mes deux amis, car cet été-là, j’ai voyagé en Europe avec mes parents. Nous avons coaché pendant plusieurs années ensemble. D’ailleurs, Richard était adjoint avec moi cet été. Oui, 39 ans plus tard!

Se sont greffés à nous d’autres jeunes à l’époque, Michèle Douville et Michel Sévigny, devenus enseignants. Écoles de soccer l’été, moniteurs de soccer en gymnase l’hiver, nos vies battaient au rythme de ce merveilleux sport. Dès 1982, je devenais vice-président de l’association sous les bons soins de Pierre Bergevin. J’ai été président trois ans, président du tournoi jusqu’en 1996, entraîneur deux ans au Collège Bois-de-Boulogne et directeur des compétitions dans Lanaudière. D’autres gens se sont dévoués au club : Jean St-Michel, Monique et Daniel Lafrance, Jean Desrosiers, Carol Bellemare, feu Réjean Mailly, feu Paul Gohier, Gilles Granger, Michel Tremblay et maintenant Éric Paul, qui est à la tête d’un club de 1 400 joueuses et joueurs.

Coorganisateur et coentraîneur de notre équipe senior avec des coéquipiers, j’ai repris le collier un an avec ma fille Émilie, avant de me consacrer à l’équipe de ma benjamine, Rosemarie, pendant 14 ans. Mais là, je suis un peu fatigué de ne pas avoir de temps libre l’été. Les vacances, les soupers et autres activités dépendant du calendrier de l’équipe. Après plus de 30 ans, il est temps pour moi de profiter un peu plus de mes étés.

«Mes» filles ont encore connu une superbe saison. On a pris le 3e rang sur 9, malgré un début d’été désastreux. On a défait les deux équipes de tête décisivement en fin de saison. Après une victoire en quarts de finale des séries lundi soir, nous avons perdu la demi-finale en tirs de barrage. Pour plusieurs joueuses que je dirigeais depuis de nombreuses années, c’était un dernier tour de piste, ce qui m’a aussi incité à prendre la décision annoncée plus haut. Les émotions étaient à fleur de peau au caucus d’après-match, en plus de la défaite crève-cœur. Mais mes Étoiles – c’est le nom de l’équipe – ont brillé. Dans quelques années, quand elles se croiseront, elles se remémoreront nos grands succès et certaines de nos peines en se disant que c’était le bon temps. Celui de la joie de se retrouver ensemble pour quelques heures sur un terrain de foot pour partager cette passion commune de jouer au ballon rond avec quelques copines.

Jeune, le sport a forgé l’homme que je suis devenu. J’espère, humblement, que j’ai pu permettre à certains gars et filles parmi les centaines que j’ai entraînés d’être aujourd’hui de meilleurs adultes. Il n’y a pas plus beau cadeau que de donner de son temps ainsi. Je n’ai jamais oublié les gars et les filles que j’ai dirigés et il en ainsi des 19 filles que j’ai coachées cet été. Bravo à elles et bravo aux centaines d’entraîneurs sportifs qui se dévouent pour les jeunes! Votre travail est précieux.

PS : Si Rosemarie joue l’été prochain, je promets à mes Étoiles de ne pas être trop loin, mais il est temps pour elles de se prendre en main comme nous l’avons fait avant elles.

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Mireille St-Pierre Auteurs de commentaires récents
Mireille St-Pierre
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Mireille St-Pierre

Bonne retraite au meilleur coach ❤️🤗😘
Mireille