Libre opinion

Par Gilles Bordonado
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Gilles Bordonado

Citoyens de seconde zone (2)

J’ai l’air de prêcher pour ma paroisse, mais lorsque je suis confronté à une situation déplorable, partagée par plusieurs citoyens d’ici, je dois en faire état. Et dans ce cas, je ne peux demeurer muet sur la pauvreté des services dont profitent les jeunes d’ici aspirant à des études universitaires.

Ce n’est pas d’hier que je m’intéresse au manque de services publics dans la région et que l’expression «citoyens de seconde zone» trône en tête de cette chronique. La Revue et moi avons défendu avec ardeur des dossiers essentiels au développement régional comme le transport collectif, un réseau routier adéquat et l’importance de doter la MRC Les Moulins d’un hôpital et d’un cégep. Avec raison, les pouvoirs publics ont agi et offert aux citoyens de Terrebonne et de Mascouche ce genre d’équipements nécessaires à leur épanouissement.

À l’occasion, j’évoque une expérience personnelle pour rappeler que des services manquent cruellement dans la région. C’est le cas de ma fille Émilie, qui obtiendra son diplôme d’études collégiales en décembre. Elle espère entrer à l’université en janvier. Ce grand rêve représente un exploit, puisqu’elle est atteinte du syndrome Gilles de la Tourette et de dysphasie.

Si ma benjamine a dû s’expatrier à Montréal pour étudier dans sa spécialité au collégial, mon aînée mise sur le transport en commun. Elle devra donc passer de longues heures dans le trafic. Mais au contraire des travailleurs coincés dans la circulation, elle ne peut pas décider d’étudier dans le coin. Elle n’a d’autre choix que d’aller en ville pour poursuivre des études supérieures, ce qui est anormal et injuste pour elle et pour tous les jeunes universitaires moulinois, puisque tous les Québécois disposent d’un campus universitaire non loin de chez eux. En effet, Lanaudière est la seule région du Québec avec la Gaspésie à ne pas être dotée d’un tel équipement, ce qui est inconcevable dans le contexte où les MRC Les Moulins et de L’Assomption diplôment des milliers d’étudiants au collégial et au secondaire chaque année.

La nécessité de mettre sur la planche à dessin la constitution d’un campus universitaire dans notre région n’est plus à faire. Notre économie roule à plein régime et l’ajout d’un parc industriel à Mascouche et dans le secteur Lachenaie de Terrebonne renforce l’idée d’une offre universitaire qui viendrait aussi appuyer notre développement. L’offre actuelle de l’UQAM et de l’Université de Montréal ne peut répondre aux attentes légitimes de nos jeunes et de nos entreprises.

Le premier ministre François Legault, député lanaudois, ses collègues Pierre Fitzgibbon et Mathieu Lemay, et Marc-André Plante qui se fait un apôtre de ce dossier depuis son arrivée à la mairie de Terrebonne, sont bien au fait de l’importance de doter notre région et notre MRC d’une infrastructure du genre.

Et sans vouloir offusquer les citoyens du grand Joliette, il me semblerait naturel d’ériger un campus universitaire au sud de la région afin de couvrir un bassin plus large d’étudiants dont le nombre renforcerait la diversité des programmes.

Comme cela a été le cas pour l’Hôpital Pierre-Le Gardeur, la logique veut qu’il s’implante à l’intersection des autoroutes 40 et 640 à Lachenaie. Ce campus serait facilement accessible par les autoroutes, le train et les transports collectifs.
C’est un dossier à suivre de près et nous le suivrons de près.

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