Libre opinion

Par Gilles Bordonado
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Gilles Bordonado

CMM 2.0

Toutes les villes du grand Montréal doivent être traitées sur un pied d’égalité, comme le plaident avec raison les maires de Terrebonne et de Mascouche.

Pour faire suite à une chronique que j’ai publiée avant les Fêtes soulignant les avantages dont profitent les municipalités de la troisième couronne vis-à-vis des villes qui les voisinent au sud, je relance l’importance que la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) soit revue.

Les administrations et les citoyens de la deuxième couronne, comme Mascouche et Terrebonne, sont membres de la CMM et font face à une suite d’exigences auxquelles ne sont pas confrontées leurs voisines localisées plus au nord.

Ainsi a-t-on appris récemment que sur la Rive-Nord, des terres agricoles pourraient être dézonées dans la MRC de Montcalm, elle qui profite déjà de libertés plus grandes pour aménager son territoire. En ajoutant à cela le fait que les coûts d’un terrain sont beaucoup moins élevés qu’à Montréal, à Laval, à Terrebonne et à Mascouche, il s’avère que de plus en plus de banlieusards optent pour habiter une vingtaine de kilomètres plus au nord pour trouver la maison de leur rêve. Ce faisant, ils exacerbent les problèmes liés à l’étalement urbain.

Comme le fait remarquer le maire Marc-André Plante dans un récent écrit, les citoyens d’ici sont traités inéquitablement. Ils contribuent entre autres au financement de la CMM, financent pour 13 M$ le transport collectif et payent 3 cents de plus leur litre d’essence, des mesures auxquelles ne sont pas confrontés les citoyens de Saint-Lin–Laurentides, de Lavaltrie, de Sainte-Sophie, voire de Saint-Jérôme et de Joliette, par exemple. Le maire Guillaume Tremblay ajoute que certaines routes de Mascouche sont littéralement congestionnées par des automobilistes venus d’ailleurs, le tout aux frais des Mascouchois.

Si les Montréalais se sont plaints d’une même iniquité avec les villes de Laval, de Longueuil et des deuxièmes couronnes nord et sud de Montréal, ce sentiment d’injustice a trouvé écho à Québec en 2001 avec la création de la CMM par le gouvernement du Parti Québécois. Cette décision n’a pas plu aux banlieues, mais elles n’ont eu de choix que de l’accepter et d’en assumer les conséquences.

Presque 20 ans plus tard, il est plus que temps que la CMM soit mise à niveau pour mieux contrôler l’étalement urbain, pour favoriser un aménagement plus harmonieux du territoire et pour partager de façon plus équitable les frais associés au financement de la CMM, du réseau routier et des transports collectifs. Québec doit s’assurer que l’équité s’applique, alors que se vit un sous-financement chronique des transports collectifs et du réseau routier.

Comme le dit le maire Plante et comme je l’ai répété de nombreuses fois dans cette chronique, il reste du travail à faire : une voie réservée sur la 25 et, qui sait, sur la 40/640, le prolongement de la 19 et l’élargissement de la 337.

La carte de la CMM doit s’élargir et il est plus que temps qu’une CMM 2.0 voie le jour.

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