Libre opinion

Par Gilles Bordonado
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Ira, ira pas

Le Mascouchois Stéphane Handfield rendra publique vendredi sa décision, à savoir s’il se présentera ou non à la chefferie du Parti Québécois. Mon 6e sens, et je ne sais pas du tout s’il ira ou n’ira pas se frotter aux autres candidats dans la course pour diriger la formation indépendantiste, me dit qu’il fera l’impasse.

À n’en pas douter, M. Handfield a ce qu’il faut pour diriger un parti politique québécois et de surcroît, un parti souverainiste, car sa foi envers l’indépendance en indéniable. Il dispose de certaines qualités inhérentes à ce poste et il jouit d’une certaine notoriété publique.

Cependant, ce réputé avocat en droit de l’immigration, interpellé régulièrement dans les médias sur ces questions, gère un bureau en pleine expansion.

Conseiller municipal à la Ville de Mascouche depuis 2013, il vit là un équilibre qui qui risque fort d’être brisé s’il se voit forcé de démissionner de ce poste pour concourir à la chefferie d’un parti qui a toutes les chances de demeurer dans la deuxième, voire la troisième opposition à l’issue des élections générales de 2023.

Se faire élire à la chefferie du PQ ne serait pas une sinécure. Il lui faudrait multiplier les tournées du Québec pour trouver des appuis et pour échanger avec les militants, pour participer à des débats, et pour recruter des membres et des sympathisants prêts à l’appuyer.

Si Stéphane Handfield connaît ses forces, il reconnaît assurément ses priorités et ses limites. Il devrait abandonner en plein mandat sa mission auprès des Mascouchois, avec le salaire qui y est attaché, et troquer ses mandats importants dans son domaine pour une longue course à la chefferie, pour des mois de relations publiques, le tout sans garantie de résultats.

Le candidat annoncé Sylvain Gaudreault, député péquiste de Jonquière depuis 2007, a une longueur d’avance sur tous ses concurrents potentiels, lui qui est à pied d’œuvre depuis des mois. Selon moi, Paul St-Pierre Plamondon, malgré ses entrées au PQ, et l’historien Frédéric Bastien mordront la poussière devant Gaudreault.

Stéphane Handfield est un gagnant, qui aime gagner. Et là, soyons réalistes, malgré ses qualités, ses chances sont minces. Je crois que Stéphane Handfield aura profité de ces dernières semaines dans l’actualité pour exprimer quelques-unes de ses priorités.

S’il décidait d’y aller quand même, il aura droit à toute mon admiration. Je lui souhaiterais alors la meilleure des chances et l’assurerais qu’il pourrait compter sur mon appui.

Néanmoins, je crois qu’il fera l’impasse, à l’instar de l’humoriste Guy Nantel. Entre-temps, il aura profité de quelques heures sous les réflecteurs pour se mettre en valeur. Et ça, ce n’est jamais perdu. C’est bon pour l’ego, les affaires et, qui sait, pour un rendez-vous futur avec l’histoire.

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Hugo Lapointe
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Hugo Lapointe

En tant que défenseur des droits de la minorité, il aura une certaine notoriété, coûte que coûte