Libre opinion

Par Gilles Bordonado
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Gilles Bordonado

Réforme

Depuis son arrivée au pouvoir, la Coalition Avenir Québec a pris des décisions avisées que je seconde. Ça a été le cas entre autres des réinvestissements annoncés dans le monde de l’éducation et de la santé, du soutien aux médias et de l’adoption de la loi 21 sur la laïcité.

Ma position est plus nuancée en ce qui a trait au projet de loi 40 modifiant principalement la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaires.

Dans le contexte actuel et par souci de cohérence avec mes positions passées, je me dois de soutenir la transformation des commissions scolaires en centres de services. Par le passé, j’avais pris une position ferme, espérant leur maintien dans le contexte où la participation populaire des citoyens aux élections scolaires s’améliorait. Ça n’a pas été le cas et on en est là aujourd’hui. En France, ça marche comme ça et on ne s’en sort pas si mal, à mon avis.

Le principe qui visait à associer le contribuable, qu’il ait des enfants ou non, à une certaine prise sur le pouvoir de décision me plaisait. Il s’agissait d’un contrepoids intéressant à la bureaucratie et à l’État. Avouons qu’il était cependant curieux de voir une commission scolaire se battre contre certaines positions de l’État qui finançait pourtant l’essentiel de ses activités. Si les conseils de commissaires disparaissent aujourd’hui par manque d’intérêt de la population, la réforme prévoit, fort heureusement, le maintien des conseils d’établissement dans les écoles. Quant aux conseils d’administration des centres de services, ils seront formés majoritairement de parents et de membres du personnel actifs dans les écoles de leurs enfants ou dans les centres.

Souhaitons que cette réforme n’étouffe pas les membres de ces comités, qui pourront s’exprimer librement, comme le feront les syndicats et les groupes s’intéressant à l’éducation.

Si cette restructuration ne va pas aussi loin que la réforme Barrette qui a créé des agences de la santé contrôlées à partir de Québec, il se vit aujourd’hui une certaine centralisation dans le monde de l’éducation.

Vous me lisez et cherchez la nuance dans ma position. La voici. Je regrette que cette réforme n’ait pas été menée en deux temps : que l’on mène à vitesse grand V la réforme des commissions scolaires en centres de services, certes, mais que tout le reste soit fait à la va-vite me semble inutile. Il n’y avait pas d’urgence.

Car au-delà de la réforme des structures se cache une multitude d’autres décisions qui n’ont pas fait l’objet de discussions suffisantes. On le voit au malaise de l’opposition à l’Assemblée nationale, ainsi qu’à la réaction des travailleurs de l’éducation qui se sentent bousculés et des villes qui se voient imposer de nouvelles obligations financières. Le maire Marc-André Plante nous a d’ailleurs fait parvenir en dernière heure un communiqué dans lequel il dit regretter que l’on impose aux villes l’achat des terrains accueillant des écoles, une autre pression indue sur les finances des municipalités et la taxe foncière municipale. La réforme est beaucoup plus large et je crois que la CAQ et son ministre auraient dû faire preuve de patience. Et c’est là le risque d’être majoritaire. Le sentiment d’invincibilité peut avoir des conséquences inattendues et M. Legault et son équipe devront y porter attention.

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