Libre Opinion par Gilles Bordonado

Je plonge.

Cela fait déjà quelques années que j’y pensais, que l’idée me trottait dans la tête. J’hésitais. Je craignais de me mettre les gens à dos, de me faire critiquer, de perdre des contacts.

Exprimer son opinion n’est pas chose facile pour un journaliste à qui l’on réclame neutralité et objectivité. Mais maintenant je crois être mûr pour mordre un peu. Ça s’appellera Libre opinion, à moins que je trouve un meilleur nom à la chronique plus tard. Une chose est sûre, ça me tente, que ça vous plaise ou non…

Je plonge.

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On vous aime !

En mal de revenus de taxes, après des années de récession et de baisses du nombre de permis de construction, les quatre villes de la MRC des Moulins se lancent à l’assaut des acheteurs de maisons neuves. On vous aime, qu’ils disent. On vous aime, vous et… votre portefeuille, devraient-elles dire.

Dans cette course aux « Montréalais investisseurs », les villes multiplient et on le comprend, des plans de promotion inventifs. Terrebonne y met toute la gomme. Avec Mascouche qui lui souffle dans le dos et qui ne semble pas avoir tous les atouts en main cette année pour attirer autant qu’elle, Terrebonne capitalise sur les fêtes du 325e. Jean-Marc Robitaille a bien raison de s’activer ainsi et rapidement, car les acheteurs de maison seront de moins en moins nombreux à se laisser tenter par les banlieues. En effet, le problème auquel nous ferons face bientôt, c’est la décroissance, l’émigration, le départ de travailleurs tannés de faire du « parking » sur la 25 soir et matin…

Là, l’enjeu est majeur. Selon le CIT des Moulins (organisme qui pilote le transport en commun dans la région), la solution finale est l’autobus, un stationnement incitatif et une voie réservée pour le transport en commun, les taxis et le covoiturage. Pour d’autre, dont le maire de Mascouche, Richard Marcotte, c’est le train de banlieue. Une chose est certaine, que la solution soit l’une ou l’autre, les deux ou d’autre chose (comme un pont privé pour la 25 entre Anjou et Laval), il faut que ça bouge au plus pressant. On aura beau avoir les plus beaux programmes d’incitation à la construction résidentielle, les meilleurs constructeurs et le meilleur rapport qualité-prix et tout et tout, si la congestion sur la 25 et sur les ponts n’est pas réglée, tous ces beaux efforts ne serviront à rien. D’autant plus que le ministre des Transports Guy Chevrette, en parlant du pont sur la 25, se questionne à savoir si cela ne favorisera pas l’étalement urbain. Et dire, qu’il a trouvé ça
tout seul. M. Chevrette, vos électeurs de Joliette sont eux aussi pris dans la circulation, mais c’est vrai qu’eux, ils prennent la 40…

L’autre solution, c’est de construire chez-nous (et vite) un vraie Cégep et une université pour les étudiants, un hôpital et de créer plusieurs dizaines de milliers d’emplois locaux, mais nous n’en sommes pas encore là. Malheureusement ou heureusement, dirons certains, Montréal vit encore…

On vous aime, qu’ils disent.

J’ai bien ri.

Lundi dernier, j’ai été choyé. J’ai reçu deux lettres… des réponses au commentaire portant sur les élections municipales à La Plaine et Mascouche en novembre.

La première est signée par le chef de l’Action municipale de La Plaine, M. Richard Imbeault. Il ne fait valoir que la démocratie n’est pas un jeu (j’avais écris « le jeu de la démocratie ») et qu’il allait se présenter lors de la prochaine campagne électorale avec une équipe complète. C’est OK pour moi et on va sûrement parler de vous la semaine prochaine pour annoncer tout cela. Mais cher M. Imbeault, même en sortant les pires scandales contre Daniel Bélec (s’il y en a) à moins d’un an des élections, tout cela ne vous empêchera pas de recevoir une dérouillée terrible et de faire dépenser des milliers de dollars inutilement… Je ne suis pas de La Plaine, Daniel Bélec ne m’a pas payé pour que j’écrive ça, mais c’est là, selon moi, la triste vérité pour vous. Mais comme vous l’écrivez si bien dans votre lettre, moi aussi je vous respecte beaucoup, c’est là votre droit le plus fondamental que de faire de la politique, c’est le jeu de la démocratie, pardon, c’est la démocratie.

La seconde est assurément la plus hilarante, un monsieur ou une dame fort articulé écrit à ma patronne (évidemment !) pour lui dire que mon texte est un torchon, qu’il manque d’objectivité, et bla bla bla et bla bla bla… Bon, en réponse à ce monsieur ou cette dame, je dirais: 1- ce texte était un commentaire, c’est donc dire qu’il n’est pas un article comme les autres, mais une analyse personnelle, 2- qu’il ne représente pas nécessairement l’opinion du journal donc pas nécessairement celui de Mme Despatis, et que 3- vous auriez dû signer votre commentaire, comme moi je l’ai fait, pour appuyer votre opinion. Quand on dit que certaines personnes écrivent des torchons, ceux qui reçoivent ce commentaire « éclairé » d’un fidèle lecteur ou lectrice aimeraient bien savoir où loge son destinataire. Un peu de courage non de non !

En passant, n’hésitez pas à m’écrire je suis également capable de reconnaître mes torts… quelques fois !

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J’étais très fier.

En effet, mon confrère Joël Goulet a été choisi à titre de président d’honneur de la 22e édition du Tournoi de hockey bienfaisance. Qu’il a fait du chemin ce grand Joël. Il mérite bien cet honneur qui me remplit de joie. Je me rappellerai toujours du jour alors qu’il avait 18 ans, sortant du secondaire, il m’avait envoyé son C.V. pour couvrir le hockey pour La Revue. Pendant plus d’un an et demi, il a signé un article aux deux ou trois semaines bénévolement. Après il a fait les week-ends avec nous et a travaillé comme pigiste et ensuite à temps plein, tout en oeuvrant à la télé communautaire. L’histoire est plus connue par la suite: La Presse et TQS. Il a toujours été un gentleman, un travailleur infatigable, un grand collaborateur. Joël, croyez-moi, c’est un fameux journaliste et un grand reporter, il s’est bâti lui-même avec sa détermination tranquille et efficace. Je n’avais jamais vraiment eu l’occasion de lui dire avant à quel point je suis fier de lui et heureux pour
lui. Vendredi, ça m’a sauté dans le visage. Bravo Joël, toute l’équipe est très fière de toi et de ce que tu accomplis. Tu le mérites bien. On pense tous à toi.

Gilles Bordonado

gbordonado@larevue.qc.ca

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