L’importance de la relève dans les entreprises

Quand on sait que 50 % des PME changeront de mains au cours des 10 prochaines années et qu’elles représentent 98 % de notre économie, l’importance de la relève dans les entreprises prend tout son sens.

Éric Ladouceur

C’est pourquoi, le 30 novembre, le Centre financier aux entreprises Desjardins Les Moulins, en collaboration avec le Centre local de développement économique des Moulins (CLDEM), a invité Louis L. Roquet, président et chef d’exploitation de Desjardins Capital de risque, à venir s’entretenir sur ce sujet chaud dans le monde des affaires.

Dernière étape

Ancien président-directeur général d’Investissement Québec (de 1995 à 2002) et maintenant membre de la famille Desjardins, M. Roquet a entrepris de faire le tour du Québec afin de prendre le pouls des entrepreneurs de la province. La salle de réception du Club de golf Le Boisé de Terrebonne représentait d’ailleurs la 59e et dernière étape de son périple.

«On parle beaucoup des aspects fiscaux et financiers des transferts d’entreprise, mais on parle peu du côté humain. Malheureusement, la relève est une question négligée, surtout dans les entreprises qui sont la plupart des PME à leur première génération. Le fondateur, propriétaire, seul actionnaire et seul maître à bord prétendra qu’il n’a pas le temps. Ou bien il se voit encore trop jeune pour envisager quelque éventualité que ce soit. En fait, toutes les raisons sont bonnes pour remettre à plus tard cet exercice difficile néanmoins nécessaire», a d’abord expliqué le conférencier devant une centaine d’invités de Desjardins et du CLDEM.

Selon M. Roquet, il n’y a jamais de bon temps pour transférer son entreprise, l’important c’est avant tout de commencer à en parler avec son entourage, ses conseillers, sa famille, etc. «J’ai connu un entrepreneur qui, à 53 ans, savait déjà laquelle de ses trois filles serait au marketing, laquelle s’occuperait de la production ainsi que celle qui présiderait l’entreprise», a-t-il souligné.

Valeur du patrimoine

Un autre aspect important aux yeux de Louis L. Roquet est la valeur du patrimoine qu’un entrepreneur peut aller chercher lorsqu’il vend son entreprise. «Après des années de travail à prendre des risques financiers presque constamment, je pense que l’entrepreneur a le droit d’obtenir une bonne valeur pour le patrimoine qu’il transfert», a-t-il mentionné devant plusieurs entrepreneurs plutôt d’accord avec la réflexion.

Tout en soulignant que la MRC Les Moulins faisait partie des régions les plus prospères au Québec, M. Roquet a lancé un avertissement clair : «Il faut le plus possible que les entreprises qui changeront de propriétaire restent dans votre région. La Gaspésie est un exemple d’endroit où tout le pouvoir de décision a été déménagé ailleurs», a-t-il averti.

Un conseil très pertinent, et ce, même si on peut difficilement comparer la Gaspésie et la MRC Les Moulins. Pour plusieurs, la Chine et l’Inde sont plus à craindre.

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