Logements locatifs : des taux d’inoccupation alarmants

Par Stéphane Fortier
Logements locatifs : des taux d’inoccupation alarmants
Le 6 février, 17 représentants du FRAPRU ont manifesté devant le bureau du député de Terrebonne, Pierre Fitzgibbon.

En ce début de tempête de neige, le 6 février, le FRAPRU (Front d’action populaire en réaménagement urbain) occupait la devanture des bureaux du ministre de l’Économie et député Terrebonne, Pierre Fitzgibbon, pour manifester son mécontentement.

Elles étaient 17 personnes à scander des slogans dénonçant le manque de logements sociaux et l’inaccessibilité à des logements locatifs. Un autre objectif de la manifestation consistait à dénoncer les abus contre les locataires. Le FRAPRU entreprenait, ce matin-là, une caravane ayant pour thème «Pour du logement social maintenant!» afin de rencontrer tous les ministres du cabinet Legault.

Aux dires de Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU, le Québec vit la plus sévère pénurie de logements locatifs en 15 ans, et ce, dans plusieurs municipalités de Lanaudière, dont Terrebonne. À Terrebonne, justement, le taux d’inoccupation est de seulement 0,6 % dans le locatif et le loyer moyen a augmenté de 15,5 % en un an. À Mascouche, le taux d’inoccupation est encore plus alarmant, soit 0,1 %, et le loyer moyen y a augmenté de 7,5 % dans la dernière année. La hausse a été de 5,26 % à l’échelle de la province.

«Lors du recensement de 2016, on parlait de 1 135 personnes qui avaient d’urgence besoin d’un logement et c’est pire aujourd’hui. La principale raison est qu’ils vivaient dans un logement trop cher, trop petit ou en mauvais état», fait remarquer Véronique Laflamme, ajoutant que les loyers coûtent de plus en plus cher. «Leur revenu ne leur permet souvent pas de vivre convenablement dans les rares logements disponibles, souvent très chers, et encore moins dans ceux qui se construisent», précise-t-elle. La porte-parole déplore que comme leur droit à un logement décent est bafoué, cela compromet leur santé et leur sécurité, en particulier celles des femmes victimes de violence conjugale, des personnes aînées et des familles monoparentales, dont les revenus sont beaucoup plus bas.

Problème aggravant

Le FRAPRU craint que la rareté des logements locatifs n’aggrave les problèmes des ménages déjà mal logés. Et la rareté entraîne d’autres conséquences néfastes, notamment une augmentation des coûts en disproportion avec les revenus des ménages. «D’un studio à un 5 ½, le loyer médian est de 750 $ et le revenu médian est établi à 18 800 $», révèle pour sa part Amélie Pelland, d’Action Logement Lanaudière.

Les représentants du FRAPRU étaient également venus au bureau du député de Terrebonne afin de remettre un mémoire concernant leurs revendications. «Ils ont besoin d’être convaincus. Ils sont très au fait de la pénurie de logements. M. Fitzgibbon est ministre de l’Économie, il a un rôle à jouer là-dedans», insiste Véronique Laflamme. «Le logement social n’est pas une dépense pour la société, c’est un investissement social», de conclure, de son côté, Mme Pelland.

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