L’urgence abordée par le Dr Vadeboncoeur

Pénélope Clermont

L’urgence abordée par le Dr Vadeboncoeur
En plus de répondre aux questions du Comité des usagers du Sud de Lanaudière, le Dr Alain Vadeboncoeur a aussi accordé du temps à celles des gens présents. (Photo : Pénélope Clermont)

C’est le 14 juin en matinée que le Comité des usagers du Sud de Lanaudière a tenu sa 11e assemblée générale annuelle. Au terme de celle-ci, un échange avec le Dr Alain Vadeboncoeur a jeté un éclairage sur différentes thématiques abordées.

Le Dr Vadeboncoeur est urgentologue et chef de médecine d’urgence à l’Institut de cardiologie de Montréal. Professeur agrégé à l’Université de Montréal, il est l’auteur de trois essais chez Lux Éditeur. Le Comité des usagers a profité de sa présence pour lui adresser des questions portant sur le réseau de la santé lanaudois. La première : pourquoi devons-nous attendre des heures à l’urgence avant d’avoir accès à un médecin ou à une chambre?

Le Dr Vadeboncoeur a tenu à démystifier deux choses d’entrée de jeu : l’attente avant de voir un médecin à l’urgence, qui tourne au Québec autour de 2 h 30, selon lui, et la durée moyenne de séjour sur civière. Au moment d’écrire ces lignes, cette dernière se situait à 16 h 17 à l’urgence de l’Hôpital Pierre-Le Gardeur.

Avant de jeter le blâme sur l’urgence comme telle, l’invité a mis les projecteurs sur le travail qui doit être fait en amont comme en aval. «Un des problèmes des urgences, c’est qu’elles deviennent le lieu d’accès à tous les problèmes», a-t-il dit, d’où l’importance d’avoir une première ligne efficace et un accès facilité aux médecins, et ce, pas uniquement pour des suivis, mais aussi lorsqu’on est malade.

Le faible nombre de médecins et de lits par rapport à d’autres urgences dans le monde, ainsi que le manque d’investissements en soins à domicile peuvent également être source de congestion dans les urgences.

Autre indicateur pertinent, mais inquiétant, aux dires du principal intéressé qui a cosigné une étude sur le sujet : lorsque l’urgence dépasse sa capacité d’accueil de 10 %, on note une augmentation de 3 % des décès et des réadmissions. «C’est clairement un facteur de risque et c’est une question de santé publique», a-t-il conclu.

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