Marc Lincourt et « La marche des écritures »

Isabelle Desmarais
Marc Lincourt et « La marche des écritures »
Le nouveau projet de Marc Lincourt est une œuvre culte qui traduit, une fois de plus, la passion de l’artiste pour les écritures. (Photo : Barbara Laborde)

Après «La Grande Vague ou la mémoire de l’eau salée», œuvre monumentale qu’il nous a été donné de voir dans le cadre du 400e anniversaire de la ville de Québec, l’artiste plasticien Marc Lincourt se prépare à une autre grande épopée. Cette fois, Lincourt jette l’ancre sur la Mésopotamie et l’ancien Empire perse, genèses des écritures, lieux de rencontre des alphabets, muses d’un projet plus grand que nature.
Si la démarche artistique de Marc Lincourt gravite depuis plus de 15 ans autour de l’écriture et de l’alphabet, ce nouveau projet s’inscrit dans le même sillon culturel. Poursuivant une éternelle quête de symbolique, qui se traduit elle-même par des mystères, des lettres inconnues et des signes archaïques, l’artiste originaire de Terrebonne et citoyen de la France entamera dès septembre des ateliers nomades en Orient. Il en découlera une œuvre gigantesque, un livre géant de 10 mètres de hauteur sur 7 mètres de largeur et 2 mètres d’épaisseur qui relatera l’histoire de l’écriture, son apparition et sa progression, des pictogrammes sumériens jusqu’aux alphabets contemporains.
Le pèlerinage
Pour créer son œuvre, Marc Lincourt visitera différentes contrées de la Mésopotamie et de l’ancien Empire perse : le Pakistan, l’Iran, la Turquie, la Syrie, le Liban, la Jordanie et l’Irak. L’aventure s’achèvera en France. Pour Lincourt, ce périple représente «un retour sur les lieux d’origine de l’écriture et sur les territoires qui ont été le théâtre de ses métamorphoses. Il sera mis en place une entreprise de coopération et d’échanges où des savoirs artisanaux vieux comme le monde seront mis à contribution, des rencontres avec des spécialistes de la terre cuite, des artisans céramistes, des gens de pensée et de cultures différentes, une synergie entre le maître d’œuvre et chaque équipe où chacun apportera sa différence et imprégnera au travail commun le souffle de sa tradition».
Réalisation et matériaux
La sculpture sera réalisée sur plusieurs périodes. Elle sera fragmentée en huit étages, chaque étage représentant un pays, un atelier nomade. L’histoire des écritures sera illustrée en relief sur les quatre faces, de bas en haut en respectant la chronologie de leurs développements et métamorphoses.
Tous les pays visés par le projet ont un matériau en commun : l’argile. Et puisque l’écriture est née de l’argile, la terre sera le matériau privilégié. Une fois terminée, chaque partie de la sculpture en terre sera cuite dans un four construit expressément sur place. «La construction d’un four traditionnel et la cuisson en plein air de cette énorme pièce constituera un événement vernissage en soi. Ce sera en quelque sorte l’issue ou le dénouement de chaque “atelier nomade”. La pièce sera ensuite transportée pour être exposée dans un lieu significatif du pays de sa réalisation. Afin de pérenniser l’œuvre et de la protéger de l’épreuve du temps, la sculpture sera coulée en bronze», explique Lincourt.
Les étages seront réunis et assemblés pour la première fois à leur arrivée en France lors du montage final de la sculpture.
Les ateliers nomades de Marc Lincourt débuteront cet automne en Iran et devraient se terminer en 2012 en France. Pour en savoir davantage sur l’artiste, visitez le www.marclincourt.com.

 

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