Méthodes de travail et formation déficientes

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Par Gilles Fontaine
Méthodes de travail et formation déficientes
Le 14 mars, un travailleur, Daniel Carré, a fait une chute de 43 mètres alors qu’il œuvrait à assembler le pylône 455 de la nouvelle ligne Chamouchouane–Bout-de-l’Île. (Photo : courtoisie)

ACCIDENT DE TRAVAIL MORTEL

Le 14 novembre, la CNESST rendait publiques les conclusions de son enquête sur l’accident de travail survenu le 14 mars sur un chantier d’Hydro-Québec, aux limites de Terrebonne et de Mascouche, et ayant coûté la vie à Daniel Carré, monteur au service de l’entreprise GLR inc.

Rappelons qu’au moment de l’accident, les travailleurs s’affairaient à la mise en place et au raccordement de la tête du pylône 455 de la nouvelle ligne de transport d’électricité Chamouchouane–Bout-de-l’Île.

Le travailleur a fait une chute mortelle de 43 mètres, alors qu’il se déplaçait verticalement. Le coulisseau de son équipement de sécurité a glissé sur sa corde d’assurance sans toutefois la bloquer.

Trois causes retenues

L’enquête de la CNESST a retenu trois causes pour expliquer l’accident.

Dans un premier temps, une membrure, située à 43 mètres au-dessus du sol et sur laquelle le travailleur se déplaçait, a cédé. Deuxièmement, le désengagement du mécanisme de blocage du coulisseau par le monteur et l’absence de terminaison à l’extrémité de la corde d’assurance verticale ont exposé le travailleur à un danger de chute au sol.

Enfin, la méthode de travail utilisée et la formation du travailleur étaient déficientes en ce qui concerne la protection contre les chutes lors de déplacements latéraux dans la structure du pylône.

À la suite de l’accident, la CNESST a exigé de l’employeur, l’entreprise GLR, et du maître d’œuvre, Hydro-Québec, qu’ils revoient les méthodes de travail et de protection contre les chutes. Les deux se sont conformées à ces exigences, selon la CNESST.

Prévention pour le futur

Ce chantier et tous les chantiers semblables ont été suspendus pendant quelques jours, voire quelques semaines.

«Depuis, plusieurs nouvelles choses sont mises en pratique», nous expliquent Michel Labbé et René Beaumont, respectivement inspecteur et directeur à la CNESST. «Entre autres, l’utilisation d’un coulisseau avec un système antipanique qui ne se bloque pas quand on le manipule et l’utilisation de cordes avec épissure renversée, lesquelles cordes devront être préparées et vérifiées avant que commence le travail.»

De plus, la CNESST demandera à Hydro-Québec de préciser les méthodes de travail sécuritaires lors des déplacements latéraux dans les pylônes.

Le rapport d’enquête sera également diffusé dans les établissements de formation offrant le programme d’études Montage de lignes électriques pour sensibiliser les futurs travailleurs. Il peut être consulté à l’adresse Internet suivante : https://www.centredoc.cnesst.gouv.qc.ca/pdf/Enquete/ed004197.pdf.

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