Meurtre de Jaël Cantin : son conjoint accusé

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Par Jean-Marc Gilbert
Meurtre de Jaël Cantin : son conjoint accusé
La victime est Jaël Cantin, une Mascouchoise de 33 ans. Son conjoint, Benoit Cardinal, aurait été arrêté par la Sûreté du Québec. (Photo : Facebook)

Benoit Cardinal, 33 ans, est formellement accusé du meurtre non prémédité de sa conjointe, Jaël Cantin, cette mère de six enfants assassinée le 16 janvier dans une résidence du chemin des Anglais, à Mascouche. Interrogé et arrêté par la Sûreté du Québec dans les heures suivant le drame, l’accusé a comparu le lendemain au palais de justice de Joliette.

Le suspect restera derrière les barreaux jusqu’à son retour en cour, le 26 février. D’ici là, il lui est interdit de communiquer avec ses enfants, qui ont été confiés à des membres de la famille maternelle.

Il était environ 4 h, le 16 janvier, lorsque les policiers de Mascouche ont été appelés à se rendre à la résidence située à l’intersection du boulevard Raymond. Sur place, ils ont découvert un homme et une femme blessés. Ces derniers ont été transportés à l’hôpital, où la femme, également âgée de 33 ans, a succombé à ses blessures. La vie de son conjoint n’a jamais été en danger.

Plusieurs scénarios

L’enquête a été confiée à la division des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec. Dans les premières heures de l’enquête, toutes les hypothèses étaient envisagées pour expliquer le drame qui s’était joué alors que les six enfants du couple se trouvaient à l’intérieur de la résidence.

Une introduction par effraction qui aurait mal tourné était l’une des options étudiées. Toutefois, après avoir interrogé le conjoint et certains des enfants, les enquêteurs ont finalement retenu la thèse de l’homicide.

Un poste de commandement de la Sûreté du Québec a été déployé sur le chemin des Anglais pendant toute la journée du 16 janvier. Ce n’est qu’en soirée que les policiers ont obtenu un mandat pour pouvoir fouiller la maison.

C’est l’Unité des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec qui mène l’enquête. (Photo: Jean-Marc Gilbert)

La commission scolaire agit vite

Les enfants d’âge scolaire du couple fréquentent deux écoles de la Commission scolaire des Affluents (CSDA). Cette dernière a déployé une foule de mesures pour soutenir les élèves et les membres du personnel qui voudraient s’exprimer au sujet de cet événement. «Nous avons des psychologues, des techniciens en éducation spécialisée et des psychoéducateurs sur place», affirme le coordonnateur aux communications de la CSDA, Éric Ladouceur.

Une lettre a été envoyée aux parents des élèves fréquentant les deux écoles pour les inviter à écouter leurs enfants si ceux-ci veulent s’exprimer sur la situation. «S’ils sont inquiets des propos ou s’ils ont des questions, ils peuvent communiquer avec l’école», ajoute le porte-parole.

Lorsque les enfants devront retourner en classe, «l’équipe-école mettra en place des ressources pour assurer leur réintégration», conclut M. Ladouceur.

«Comportements inappropriés»

Benoit Cardinal était intervenant dans un centre jeunesse de Laval. Son employeur l’avait suspendu en décembre à la suite d’une enquête ouverte pour des «comportements inappropriés», dont des échanges de textos avec une adolescente sous la responsabilité du centre. Le 10 janvier, lors d’une rencontre avec son employeur à ce sujet, l’homme a remis sa démission, avance le CISSS de Laval, dans une entrevue donnée à TVA Nouvelles.

Solidarité et sympathie

Ce drame conjugal a secoué le Québec en entier. Le conjoint d’une amie proche de la victime a lancé une campagne de sociofinancement sur le site GoFundMe.

«Jaël a été tragiquement soutirée à ses 6 enfants. Sa famille, sous le choc, a besoin de notre aide financière pour traverser cette difficile étape», écrit l’initiateur, Mathieu Nantel. Il précise que les fonds seront remis à Véronique Cantin, la sœur de Jaël, et à sa famille pour «couvrir les frais de funérailles» et «soutenir les six enfants». Au moment de mettre sous presse, quelques jours après le lancement de la campagne, plus de 32 000 $ avaient été amassés.

Par ailleurs, quelques personnes ont pris part à une marche commémorative le 18 janvier au parc du Grand-Coteau, à Mascouche. L’événement était organisé par une mère de la région touchée par le drame.

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