Montréaliste

Gilles Bordonado

Il est de bonne guerre pour les élus municipaux d’avoir leur liste d’épicerie en campagne électorale. Lundi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en a énoncé un élément : freiner l’étalement urbain.

Mme Plante réagissait à la publication d’une étude du Conseil canadien d’urbanisme dévoilant que 83 % de la croissance démographique de la région de Montréal a eu lieu en banlieue. «C’est très, très préoccupant», a-t-elle dit. Car sachez-le, pour les «Montréalistes», l’étalement urbain est l’une des causes principales des maux de la pauvre métropole du Québec. C’est dans l’ADN de Projet Montréal de s’en plaindre. Le maire du Plateau, Luc Ferrandez, avait déjà affirmé sans rire que les problèmes de trafic dans le Plateau venaient essentiellement des banlieues. Bien oui, mon Luc…

Mais Mme Plante a raison de se préoccuper non pas des banlieues et de l’étalement urbain, mais bien de ce qui se passe dans sa cour. Et elle en a assez à s’occuper chez elle à mon avis avant de nous mettre sur le dos les malheurs faits à l’environnement et aux infrastructures. Ce n’est pas la faute de Terrebonne, de Longueuil, de Laval, de Repentigny et de Blainville si Montréal n’arrive pas à garder ses contribuables et à en faire venir d’autres.

Mme Plante doit réaliser que les banlieusards qui se déversent par milliers dans ses rues ne sont pas que bons à polluer le superbe environnement de la métropole et à nuire à la légendaire fluidité de sa circulation. Au lieu de toujours voir de haut les banlieues, Mme Plante devrait, au contraire, souligner la grande contribution des banlieues dont les milliers de travailleurs et de visiteurs enrichissent la vie économique et culturelle de la ville de Montréal.  

Au lieu de s’occuper des banlieues, la mairesse aurait intérêt à faire le ménage dans sa cour. Et elle en a à faire avec le système politique illogique de la Ville qui compte 103 élus, dont une mairesse et 18 maires d’arrondissements, alors que le gouvernement ontarien veut réduire le nombre d’élus à 25 dans un seul conseil municipal à Toronto qui compte le double de la population de Montréal.

Mme Plante devrait se pencher sur la taxation exagérée de la Ville, sur la lourdeur de sa fonction publique, de ses conventions collectives et de ses fonds de retraite, sur son aqueduc qui fuit de partout et ses rues en décrépitude.

Mme Plante, le problème n’est pas dans les banlieues, il est chez vous. Vous faites fuir les Montréalais, pas nous. Dans un monde libre, les gens peuvent  choisir où ils veulent élever leurs marmots et ce n’est pas chez vous, c’est chez nous, que vous le vouliez ou pas.

Et qu’on se le dise, une nouvelle école à Mascouche ou à Montréal, ça reste une école. Un hôpital à Terrebonne ou à Montréal, ça reste un hôpital. Il n’en coûte pas plus cher d’en construire en banlieue ou à Montréal. Quant aux routes et au transport en commun, ce ne sont pas que les Montréalais qui payent pour eux. Tous les Québécois et les «riches» banlieusards dont vous jalousez l’absence dans votre belle cité les payent. Et pour ce qui est du grignotage du territoire agricole, ça fait des lunes que ça a cessé. Arrêtez de faire peur aux gens avec vos épouvantails. Lâchez prise et faites donc des banlieues vos partenaires au lieu de les voir comme des concurrents. Nous faisons partie de la solution.

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