Nos députés bloquistes s’expliquent

Gilles Fontaine
Nos députés bloquistes s’expliquent
Les députés Luc Thériault (Montcalm) et Michel Boudrias (Terrebonne) sont formels : c’est avant tout une crise de leadership et non de personnalité qui fait rage au sein du Bloc Québécois depuis plusieurs mois. (Photo : archives)

Les députés Luc Thériault (Montcalm) et Michel Boudrias (Terrebonne) sont formels : c’est avant tout une crise de leadership et non de personnalité qui fait rage au sein du Bloc Québécois depuis plusieurs mois.

«Nous avons tout essayé depuis un an. Et la crise de juin dernier ne s’est pas résorbée ni réglée», soutient Luc Thériault, quelques heures après avoir quitté le caucus du Bloc Québécois en compagnie de six autres députés, dont Michel Boudrias.

Toujours membres du BQ

«Premièrement, il est important de dire qu’aucun des sept députés n’a renié le Bloc Québécois ni n’a déchiré sa carte de membre. Jusqu’à nouvel ordre, nous sommes toujours membres de ce parti», assure M. Boudrias.

«Ce que l’on vit, ajoute-t-il, est un problème de leadership, qui dure depuis plusieurs mois et dont on voit les conséquences aujourd’hui. Ça ne marche plus au groupe parlementaire. C’est impossible de travailler dans ces conditions, ce contrôle et cette intransigeance. Nous étions limités dans notre travail. Nous sommes tous des indépendantistes, des souverainistes. Cependant, notre rôle à Ottawa est aussi de défendre les intérêts des Québécoises et des Québécois.»

«Martine Ouellet n’a jamais réussi à faire la transition de Québec à Ottawa. Elle n’a certainement pas compris ce qu’était le rôle d’un élu à Ottawa. D’autant plus qu’elle aurait dû donner plus de temps à son caucus. Le “transparlementarisme” dont elle parle, ça fait 25 ans que le Bloc le pratique», mentionne M. Thériault.

Pour ces deux députés, la situation est difficile.

«J’ai le BQ tatoué sur le cœur, insiste Michel Boudrias. Je peux vous assurer que les sept députés ne jouent pas un jeu d’égo, mais [qu’ils ont quitté le parti] pour une raison d’État. C’est une impasse.»

Poursuivre le travail

«Notre priorité maintenant sera de nous organiser en groupe parlementaire pour fonctionner de façon aussi efficace qu’avant», laisse entendre Luc Thériault.

Autant M. Thériault que M. Boudrias ont l’appui de leur exécutif. « C’est le même constat pour les cinq autres députés», nous informe Luc Thériault.

«Le Bloc Québécois, continue le député de Montcalm, a été l’instigateur de nombreuses motions unanimes de l’Assemblée nationale. Aucun autre groupe de députés provenant du Québec ne l’a fait. Nous sommes les seuls députés qui défendent les intérêts du Québec. Ce ne sont certainement pas les députés du PLC ni du PC ou même du NPD qui peuvent le faire. Ils sont toujours soumis à des intérêts autres que ceux du Québec. L’idée et l’esprit du Bloc, on va le faire vivre avec brio, honneur et fierté», conclut l’élu de Montcalm.

Nous savons maintenant qu’un groupe d’anciens députés du Bloc a demandé ouvertement le départ de Martine Ouellet. Au moment d’écrire ces lignes, cette dernière était toujours en poste.

 

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