Olivier Jean accroche ses patins

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Par Pierre-Luc Chenel
Olivier Jean accroche ses patins
Olivier Jean met un terme à une carrière de 30 ans en patinage de vitesse. (Photo : archives – Bill Christ)

Olivier Jean a décidé de mettre un terme à sa carrière en patinage de vitesse. Une carrière bien remplie avec, notamment, trois présences aux Jeux olympiques.

Plaisir et passion, deux mots qui reviennent souvent dans le discours du patineur de Lachenaie lorsqu’il regarde les 30 dernières années. «Quand je regarde tout ce que j’ai fait pour atteindre mon plein potentiel, je n’ai aucun regret. J’ai tout fait et j’ai tout essayé. J’ai toujours été très discipliné à l’entraînement, assure l’ancien athlète de 35 ans. Tout ce que j’ai fait avec le patin, ça a été une expérience positive. J’ai eu le sourire la majorité du temps sur la patinoire.»

« La saison dernière, j’avais un peu moins de plaisir parce que les performances n’étaient pas toutes là. »

Lors de la dernière année, le feu sacré était toutefois moins présent pour Olivier Jean. Les sacrifices imposés lors des dernières décennies étaient plus lourds et d’importantes décisions s’imposaient. «Après les Jeux olympiques de PyeongChang, je voulais continuer à patiner et je me suis dit que j’allais y aller une année à la fois, admet celui qui étudie maintenant à la maîtrise en innovation et entrepreneuriat à l’Université Queen’s. La saison dernière, j’avais un peu moins de plaisir parce que les performances n’étaient pas toutes là. Au courant de la saison et à l’entraînement, c’était un peu plus dur à cause des sacrifices et des sorties, et j’avais le goût de faire autre chose. Graduellement, au cours de la saison, j’ai décidé que j’allais arrêter parce que j’avais moins de motivation.»

Une carrière diversifiée

Pendant sa carrière de 30 ans, Olivier Jean a été un touche-à-tout. Il a patiné en courte piste, en longue piste et il a aussi fait des marathons sur glace en Europe. «Je suis super content de ma carrière et je l’ai poussée au maximum, avoue-t-il. J’ai atteint toutes les performances que je pouvais atteindre. Ce n’est jamais une décision facile, car j’aimais mon mode de vie et l’entraînement.»

Sans hésitation, il affirme que son plus grand fait d’armes demeure sa médaille d’or remportée au relais aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010. Avec «l’Opération Cobra», qui accordait au dernier patineur du relais plus de repos pendant que les autres réalisaient plus de tours, les astres étaient alignés pour que de grandes choses arrivent. «La stratégie secrète qu’on avait utilisée, c’était comme un conte de fées. Ça faisait plusieurs années qu’on savait que les Jeux étaient à la maison et il y avait beaucoup d’engouement, mentionne Jean, qui avait terminé au pied du podium au 1 500 mètres. C’était un coup de chance, j’avais 24 ans et les Jeux allaient être au Canada.»

Dans la saison 2011-2012, il a remporté toutes les épreuves de 500 mètres sur le circuit des coupes du monde, en plus de celle des championnats du monde.

Olivier Jean a passé les dernières saisons en longue piste, participant aux Jeux olympiques de 2018 dans l’épreuve du départ en groupe et remportant une médaille de bronze aux championnats du monde en 2017. De son propre aveu, il aurait aimé amorcer cette expérience à un plus jeune âge. «J’aurais aimé gagner une médaille olympique en longue piste. Chaque année, j’ai continué à m’améliorer, mais pas à atteindre la marque mondiale, analyse-t-il. Sur les distances individuelles, l’aspect mental du contre-la-montre, d’être seulement soi-même, j’ai eu beaucoup de difficulté avec ça. Je suis meilleur quand il y a des adversaires autour de moi. J’avais beaucoup de mauvais plis en longue piste qui étaient des points positifs en courte piste.»

Avec sa carrière maintenant terminée, Olivier Jean consacre beaucoup de temps à ses proches et à divers projets, mais garde ses patins pas trop loin, puisqu’il entraîne des jeunes deux fois par semaine à Kingston.

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