« On le doit à nos aînés » – Guillaume Tremblay

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Par Pénélope Clermont
« On le doit à nos aînés » – Guillaume Tremblay
Le 27 juillet, le port du masque sera obligatoire à l’intérieur de tous les lieux publics de Montréal.

Le port obligatoire du masque à l’intérieur des endroits publics divise. Le maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, l’a appris à ses dépens sur les réseaux sociaux lorsqu’il y est allé d’une sortie publique demandant à Québec d’intervenir afin que la mesure soit imposée à l’ensemble de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), dont Mascouche et Terrebonne.

« Je me remarque que Mascouche tient pour acquis que la COVID-19 est terminée et ce n’est pas le cas, introduit M. Tremblay. Je ne suis pas parfait et je ne peux pas faire la morale à qui que ce soit, mais maintenant qu’on voit [comment Montréal impose la mesure], ça fait plein de sens. »

Parce que la mécanique municipale ne permet pas d’implanter un nouveau règlement rapidement – cela pourrait prendre plus d’un mois –, le premier magistrat demande au gouvernement du Québec d’intervenir et d’imposer le port du masque à l’intérieur des lieux publics.

« Je ne suis pas docteur. Je dis juste que la réflexion doit se faire. Le ministère de la Santé recommande le port du masque, ça doit être parce qu’il existe des données qui vont dans ce sens-là », ajoute-t-il en répétant qu’il n’est pas parfait, mais que dorénavant, il portera le masque lorsqu’il se retrouvera à l’intérieur d’un commerce, par exemple.

Protéger les plus vulnérables

« Le monde du système de santé est épuisé et on sait qu’il y aura une deuxième vague. Il faut juste essayer de la contrôler, rappelle l’élu. Je sais que faire cet effort est tannant, ou révoltant même, mais il faut penser à nos aînés. Ce sont eux qu’on met en péril. Porter mon masque à l’épicerie ne me met pas non plus de bonne humeur, mais c’est pour eux qu’on doit le faire. On leur doit ça. »

Le maire de Terrebonne, Marc-André Plante, abonde dans le même sens : « Notre responsabilité comme élus est d’assurer la protection des plus vulnérables de la société. Il m’apparaît donc normal qu’on puisse bien encadrer le port du masque à l’intérieur des lieux publics. »

Responsabilité de Québec

Afin d’éviter une concurrence entre les règlements municipaux des différentes villes, M. Plante est aussi d’avis que le gouvernement doit adopter un décret le plus rapidement possible, d’autant plus que ce type de réglementation relève de ses pouvoirs. « Le gouvernement dispose de l’expertise pour bien expliquer le port du masque à la population, ajoute-t-il. On ne peut pas demander aux maires de s’improviser experts en matière de santé publique et d’expliquer les bienfaits du port du masque. »

M. Plante soutient cependant qu’il serait important d’inclure une « forme de souplesse » dans l’application d’un tel règlement. « Si on va manger au restaurant, on est conscient que pendant le repas, le masque devra être enlevé, expose-t-il. Je ne pense pas qu’il faut adopter une application autoritaire, quasi militaire, du règlement. Il nous faut la collaboration de l’ensemble de la population. »

Les vacances de la construction s’avèrent d’ailleurs une période propice à son application, alors que plusieurs personnes passeront d’une région à l’autre pour voyager ou visiter leur famille. « C’est d’autant plus important d’agir rapidement pour ne pas que les foyers d’éclosion se multiplient », conclut-il.

Cela devrait déjà être fait

Aux dires de Luc Thériault, député fédéral de Montcalm et vice-président du Comité permanent de la santé, la mesure aurait dû être implantée il y a plus d’un mois déjà. « Dès qu’on a déconfiné le transport en commun et qu’on a commencé à rouvrir Montréal, précise-t-il, et je suis d’accord avec l’idée d’élargir ça à la CMM. Si les hôpitaux de Montréal débordent, ça va se rendre jusque dans la CMM, et si les hôpitaux de la CMM débordent, jusqu’en région. […] On n’est pas sortis du bois et il faut continuer d’être prudents. On ne peut pas rester confinés tout le temps, mais il faut prendre ses responsabilités individuelles pour ne pas contaminer les autres. »

Notons que l’imposition du couvre-visage à l’intérieur des endroits publics est étudiée de façon « très intense » par la santé publique, comme l’a mentionné le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, en conférence de presse à Joliette, le 7 juillet. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, s’est aussi dit inquiet des 137 nouveaux cas confirmés au Québec, le 9 juillet.

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