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Stéphane Fortier
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Guillaume Collin prodiguant de précieux conseils à un jeune Bédouin. (Photo : Simon Trépanier)

Le réalisateur terrebonnien Guillaume Collin a passé six mois, en 2018, en compagnie des Bédouins de Cisjordanie dans le cadre d’un projet de développement international visant à faire connaître ce peuple en danger d’expropriation.

Puis, le 6 février dernier, Guillaume Collin est allé présenter son travail à l’Espace Fullum de Montréal, et ce, avec la communauté de Bédouins de Sateh El-Bahar de Ramallah à l’occasion d’une «bibliothèque humaine» organisée par Oxfam-Québec et une douzaine d’autres organisations internationales. Aux côtés d’autres coopérants volontaires rentrés des quatre coins du monde, il a raconté son expérience et la manière dont elle a changé sa vision de la vie et du cinéma.

«L’idée était de faire connaître leurs coutumes, leurs traditions. Il y a 8 000 Bédouins en Cisjordanie et ils sont menacés d’expropriation. Ils ont profité de cette chance pour dire au monde entier qu’ils existent», explique le Terrebonnien. Il faut savoir que les Bédouins de la Cisjordanie étaient autrefois connus comme des tribus exclusivement nomades. Ils vivent en territoires palestiniens occupés et voient aujourd’hui leur mode de vie grandement bousculé par les conflits qui affectent leurs territoires.

Des studios mobiles

Par la réalisation de courts métrages, lesquels seront par la suite diffusés à l’étranger, les Bédouins, spécifiquement des jeunes, ont eu l’opportunité de documenter leur culture de manière positive, de sensibiliser la communauté internationale à leurs réalités sous l’occupation israélienne et de contribuer au rapprochement entre Palestiniens et Bédouins. Et justement, Guillaume Collin était là pour les soutenir, leur apprendre les rudiments du métier et leur donner des outils pour la réalisation de ces courts métrages en utilisant l’approche de l’organisme Wapikoni mobile («apprendre en faisant»). On parle ici de studios ambulants dotés d’équipements à la fine pointe de la technologie qui roulent, c’est le cas de le dire, vers les communautés des Premières Nations.

«Il est rare qu’ils puissent avoir accès à ce médium. Et là, ils ont la chance de s’exprimer, de dire au monde que leur réalité est méconnue. On leur suggère des choses, on les accompagne dans leur processus de création, mais on n’intervient pas dans le processus de création, ce sont eux qui décident de ce qu’ils veulent diffuser comme information, car il faut que cela soit le plus naturel, le plus authentique possible. Il est réjouissant de voir à quel point ils sont fiers du résultat, de voir ce que cela leur apporte», raconte le cinéaste.

Si on proposait demain matin à Guillaume un autre projet du genre au Canada en Wapikoni mobile auprès des autochtones, il serait partant, c’est certain, car son expérience a changé sa vision de la vie et du cinéma.

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