Patrimoine : d’autres voix s’élèvent

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Par Jean-Marc Gilbert
Patrimoine : d’autres voix s’élèvent
La SHRT et la FHQ déplorent les autorisations données pour la construction de bâtiments dans le Vieux-Terrebonne avant l'adoption finale du futur règlement de zonage pour le secteur, en citant notamment en exemple un projet actuellement en construction sur la rue Laurier. (Photo : site Internet de Construction Vilan)

En plus d’avoir monopolisé l’assemblée du conseil municipal de Terrebonne du 6 juillet (voir autre texte), la question du patrimoine dans le Vieux-Terrebonne a fait couler beaucoup d’encre, surtout depuis la pétition démarrée par le conseiller André Fontaine demandant l’imposition d’un moratoire sur la construction dans le quartier. D’autres voix se sont jointes à celle de M. Fontaine récemment.

Dans une lettre adressée à des élus et fonctionnaires municipaux, à la fin de juin, la Société d’histoire de la région de Terrebonne (SHRT) rappelle que « les citoyens résidents du Vieux-Terrebonne attendent les résultats concrets découlant du rapport de l’Institut du Nouveau Monde (INM) » à la suite des consultations débutées en 2018.

Dans un communiqué de presse publié quelques jours plus tard, la SHRT soulève certains éléments du rapport synthèse préparé par l’INM après les consultations, rapport qui avait été accueilli « très positivement » par la Ville. « Les participants sont attachés à ce qu’ils nomment l’âme identitaire du Vieux-Terrebonne caractérisée par son histoire, son architecture distincte et son ambiance animée », écrivait l’Institut.

Le 11 mai, un premier projet de règlement était adopté par le conseil municipal pour modifier les limites des zones, ainsi que les grilles d’usages et normes du secteur du Vieux-Terrebonne. « Depuis, des projets de construction, de rénovation ou de restauration sont en cours de réalisation, en voie d’adoption ou projetés, avant même l’adoption finale du nouveau règlement de zonage », déplore la SHRT, citant en exemple les projets du 235 de la rue Laurier et du 804 de la rue Saint-François-Xavier.

Trois demandes

Dans ce contexte, l’organisme joint sa voix à celles des quelque 2 000 signataires de la pétition demandant un moratoire dans la partie historique du Vieux-Terrebonne « jusqu’à l’adoption d’un règlement qui tienne compte des recommandations du rapport synthèse de consultation ». Or, imposer un tel moratoire ne serait pas légal, selon la Ville de Terrebonne (voir autre texte).

La SHRT demande aussi « de rendre publics dans les meilleurs délais le processus et l’échéancier de consultation annoncé relatif au premier projet de règlement », ce que la Ville a fait le 6 juillet. Finalement, la Société d’histoire veut que la Ville procède « à la citation officielle du Vieux-Terrebonne en tant que site patrimonial » en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Appui de la FHQ

Quelques jours après cette missive de la SHRT, le comité du patrimoine de la Fédération histoire Québec (FHQ), a appuyé « sans réserve les recommandations » de la SHRT. « Il serait désastreux que les interventions d’aujourd’hui viennent gaspiller les énormes efforts consentis depuis 40 ans pour l’aménagement de ce quartier, en autorisant à la pièce, sous la pression des promoteurs, des projets qui dénaturent totalement son cadre villageois », écrit le président du comité du patrimoine, Clément Locas, dans une lettre datée du 2 juillet.

« Dans ce contexte, nous soutenons la SHRT qui demande l’adoption d’un moratoire sur la construction dans la partie historique du Vieux-Terrebonne, incluant le projet du 804 de la rue St-François-Xavier, de même que toutes les autres recommandations. Il suffirait de peu de projets semblables pour dénaturer le Vieux-Terrebonne, en menant ce quartier exceptionnel vers une banalisation », conclut-il.

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