Performer dans le réel après le virtuel

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Par Jean-Marc Gilbert
Performer dans le réel après le virtuel
Guillaume Rompré sent le besoin constant de se dépasser dans tout ce qu'il fait, dont le sport. (Photo : courtoisie)

Il y a quelques années, le Terrebonnien Guillaume Rompré faisait partie du top 1 % mondial d’un jeu vidéo auquel il jouait sur ordinateur. Il a su transformer ce désir de performance dans le réel et a été sacré champion de la Coupe Québec de triathlon chez les 20 à 24 ans en 2018 et sera du départ du prochain championnat du monde à Lausanne, en Suisse.

Pendant son adolescence, le jeu vidéo a été «une échappatoire» à la réalité pour Guillaume. «J’étais vraiment puissant dans le jeu. Mais à l’extérieur, les gens s’en foutent. Je me suis mis à vouloir construire des trucs réels», résume-t-il.

La transformation ne s’est pas faite du jour au lendemain. Le plus difficile a été d’en finir avec cette dépendance qui l’affectait dans sa vie personnelle.

«Je n’allais plus aux fêtes de famille. Je passais Noël et le jour de l’An à jouer à l’ordinateur. Je n’avais pas d’autres passe-temps et presque pas d’amis», se souvient Guillaume Rompré en parlant d’un passé qui n’est pas si lointain.

Mise en forme

Se souvenant de la honte ressentie lors de séances de musculation dans ses cours d’éducation physique en 4e secondaire, Guillaume s’inscrit dans un gym après sa 5e secondaire. «J’ai commencé à voir du progrès. Je devenais plus fort et j’ai retrouvé le même sentiment que j’avais en jouant», raconte le jeune homme. Au début de ses études collégiales, il découvre la natation à la Cité du Sport de Terrebonne. «À mon premier 25 mètres, j’ai dû avaler la moitié de l’eau de la piscine», lance-t-il à la blague. Celui qui se rendait très souvent à l’école à vélo découvre aussi lentement la course à pied.

Les mois passent, Guillaume Rompré finit par abandonner complètement son jeu après plusieurs tentatives et devient de plus en plus en forme. En surfant sur le Web, il tombe sur une vidéo du triathlète canadien Lionel Sanders. Ce dernier raconte comment le triathlon l’a sauvé de sa dépendance à la cocaïne. «J’ai regardé quels étaient les trois sports du triathlon. Quand j’ai vu natation, vélo et course à pied, je me suis dit : “Hey! Je fais déjà ces sports-là!”»

Guillaume Rompré a pris part à ses quatre premiers triathlons en 2017. Après des problèmes techniques à Québec et à Victoriaville, l’athlète a terminé au 3e rang lors du Triathlon international de Montréal, version sprint (750 m de nage, 20 km de vélo, 5 km de course). «J’ai fait un podium à ma troisième course à vie! Je me suis dit que j’avais peut-être du potentiel.»

L’éclosion de 2018

Il a mis les bouchées doubles en 2018 en participant à de nombreuses épreuves de la Coupe Québec, récoltant suffisamment de points pour terminer 1er chez les 20-24 ans et 13e au classement général. Le cerise sur le gâteau : lors du triathlon Esprit de Montréal, version olympique (1,5 km de nage, 40 km de vélo, 10 km de course), il a terminé 10e au total et 2e chez les 20-24 ans, battant son temps de l’année précédente de 7 minutes. Performance après laquelle il a été invité aux Championnats du monde de triathlon 2019 de Lausanne, en Suisse.

Poursuivant ses études universitaires tout en s’entraînant 2 h 30 par jour, celui qui fêtera ses 22 ans en juillet recherche des commanditaires. On peut suivre ses performances sur sa page Facebook : «Guillaume Rompré – Triathlète».

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