Pour initiés seulement

Gilles Bordonado

À mon avis, même si elle en a parfaitement le droit, la Ville de Terrebonne ne prend pas la décision la plus avisée en ne publiant plus éventuellement l’essentiel de ses avis légaux dans leur intégralité dans le journal La Revue. Lors de négociations avec l’Union des municipalités du Québec, le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, avait fait ce «cadeau» réclamé par certaines municipalités de la province.  

Actuellement, quelques villes au Québec ont adopté cette mesure qui peut être économique. Terrebonne leur emboîte donc le pas.

Le maire Marc-André Plante a raison lorsqu’il dit que les avis peuvent être incompréhensibles pour plusieurs et qu’ils ne sont pas tous lus par une majorité de citoyens. Il reste que ces avis ne le seront pas plus quand la mesure sera en place, car ils seront confinés dans une page du site Internet de la Ville. Si je me fie à ce que je vois sur ce site de la Ville, les internautes ne trouveront pas là beaucoup plus d’éclairage, car actuellement, il s’agit ni plus ni moins que d’une liste chronologique des avis avec leur numéro et un titre pour les décrire.  

Comme lecteurs et comme contribuables, éventuellement, vous ne pourrez donc plus voir ces avis et lire leur description complète, carte à l’appui, directement dans votre journal distribué de porte en porte à tous les citoyens, toutes les semaines, comme avant. Seuls les initiés qui s’intéressent grandement aux choses municipales prendront la peine de se rendre sur Internet pour les consulter. Dans ce sens, il s’agit, selon moi, d’une perte potentielle nette pour le citoyen, et la Ville pourrait y perdre en transparence.  

Fort heureusement, l’administration Plante a assuré à La Revue que les avis ayant un impact plus grand feront toujours l’objet d’une publication, qui pourrait être «vulgarisée», dans le journal. De plus, les appels d’offres continueront à être publiés.

Qui plus, est la Municipalité entend poursuivre la publication de publicités dans La Revue, ce qui limitera l’effet financier négatif de la non-publication des avis.

Car c’est de ça qu’il est question aussi : La Revue perdra des revenus importants, ce qui pourrait affecter sa capacité à servir ses lecteurs. Il y va du soutien à la liberté de presse. Le maire Plante a assuré que son administration ne vise pas à nuire à La Revue et qu’elle a le plus grand respect pour notre mission. Cela nous rassure, d’autant plus que La Revue est généreuse dans son milieu et en particulier à Terrebonne. Plusieurs partenariats en commandite publicitaire permettent à nombre d’organismes de Terrebonne d’annoncer sans frais ou à faible coût leurs activités, une contribution économique pour la Ville de Terrebonne.

Le journal La Revue a été fondé il y a 60 ans à Terrebonne et est toujours implanté à Terrebonne. Notre publication fait partie du quotidien des gens depuis ce temps et représente, en toute modestie, un des moteurs économiques et sociaux de notre communauté. La Revue suit depuis 60 ans et continuera de suivre pour vous les activités de Terrebonne, et je suis heureux que, malgré cette décision, la Ville de Terrebonne croie toujours en notre mission, comme 86 % d’entre vous, chers citoyens et citoyennes, qui se disent lecteurs de La Revue selon un sondage que nous avons mené l’an dernier.

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